Le Castel Sant’Angelo

Il s’agit d’une forteresse qui se dresse sur les bords du Tibre à Rome. Dans l’univers de 1515-1519, du Castel part un souterrain sous le fleuve où sont stockés les morts-vivants de l’armée papale, la fraîcheur des lieux limitant leur décomposition.

Castel Sant'Angelo
Le Castel Sant’Angelo vu depuis l’autre côté du Tibre

Ce qui est devenu une forteresse à disposition du Pape était à l’origine un mausolée, celui de l’Empereur Hadrien. Il est achevé en 139 et ses cendres y sont déposées. Les cendres de ses successeurs y trouveront également place jusqu’en 217. Les temps devenant incertains pour Rome, l’édifice perd sa fonction funéraire pour acquérir sa fonction militaire. Il est intégré à la muraille aurélienne en 403. Lors d’une attaque des Goths, les défenseurs de Rome vont utiliser les statues de bronze qui ornent le Castel comme projectile !

Et pourquoi s’appelle-t-il Sant’Angelo (Saint-Ange) ? En 590, Rome est ravagée par la peste. Le Pape de l’époque, Grégoire Ier, a une vision : l’Archange Michel lui apparaît au sommet du Castel et cela correspond au début de la fin de l’épidémie !

Le Castel est situé un peu à l’écart du Palais Apostolique. C’est pourquoi le Pape Nicolas III fait bâtir en 1277 un couloir long de 800 mètres, suspendu sur des piliers, joignant le Palais et le Castel: le Passetto di Borgo.

On voit à droite le Passetto di Borgo cheminer entre le Castel et les bâtiments à côté de la Basilique Saint Pierre. Signalons que la Basilique est en construction au moment où se déroulent les romans.
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Passetto di Borgo aujourd’hui. Le couloir se trouve sous les créneaux, à l’endroit où on voit les meurtrières dans le mur.

A la Renaissance, le Pape Borgia, Alexandre VI l’utilisera pour s’échapper du Palais apostolique et se réfugier dans le Castel lors de l’arrivée des troupes françaises menées par Charles VIII en 1494. C’est que la vie d’un Pape n’était guère tranquille à cette époque !

Le Castel Sant’Angelo est donc à l’origine un mausolée. Donc pas étonnant que dans 1515-1519, le Pape y ait installé ses morts-vivants. On raconte aussi que les couloirs du Castel sont hantés par le fantôme de l’Empereur Hadrien, mais chut… c’est une histoire qui sera contée une autre fois.

Si ce monument vous intéresse vous pouvez suivre cette conférence :

Un rhinocéros pour le Pape

Parmi le bestiaire (fourni) de 1515-1519, vous rencontrerez un rhinocéros qui sera sur un bateau en chemin du Portugal vers Rome. Et cette partie de l’histoire s’est déroulée de la même manière dans le monde du livre et dans le monde « dit réel ».

Ce rhinocéros a été capturé à l’ouest de l’Inde, dans l’Etat de Gujarat par le Sultan qui régnait à l’époque sur ces terres. Il l’offrit en cadeau aux Portugais qui colonisaient des territoires au sud de Gujarat, nommés Goa. Le Gouverneur de Goa décida d’envoyer l’animal au Portugal pour le montrer au Roi Manuel Ier. Le rhinocéros embarqua en Janvier 1515 sur un bateau par ailleurs chargé d’épices. Il arriva à Lisbonne en Mai. C’était la première fois depuis l’Empire Romain (donc depuis plus de 1000 ans) qu’un rhinocéros foulait le sol européen. L’animal suscita une énorme curiosité et toute l’Europe fut bientôt au courant. A Nuremberg, le grand peintre et graveur Albrecht Dürer (que nous rencontrons aussi dans 1515-1519) en fait une célèbre gravure sur bois, sans l’avoir jamais vu, en utilisant juste les descriptions et les croquis que les voyageurs en ont fait.

Dürer's_Rhinoceros,_1515

La gravure comporte d’ailleurs un certain nombre d’erreurs : il y a une pointe à la base de la nuque de l’animal qui n’existe pas chez un rhinocéros et qui ressemble à une petite dent de narval. La peau ressemble plus à une carapace articulée de Crustacé qu’à la peau d’un vrai rhinocéros. Les pattes ont des écailles comme un reptile. Dürer représente donc une chimère, interprétant le rhinocéros comme un animal fantastique (mais à l’époque la frontière entre le fantastique et le réel était très ténue en zoologie !).

Manuel Ier fit défiler le rhinocéros dans les rues de Lisbonne et organisa même un combat avec un jeune éléphant. L’éléphant, apeuré par les cris de la foule, courut se réfugier dans un enclos et le rhinocéros a été déclaré vainqueur par forfait.

Lorsque Manuel Ier se lassa du rhinocéros et que l’effervescence retomba à Lisbonne, le Roi du Portugal décida de l’offrir au Pape Léon X. On fit embarquer l’animal en Décembre 1515 sur le João de Pina. Le bateau contourna la péninsule ibérique et il fit escale au large de Marseille, sur l’île d’If (où il n’y avait pas encore de château pour la simple et bonne raison que François Ier n’avait pas encore décidé d’en construire un à cet endroit).

Et que s’est-il passé ensuite ? Il suffit de lire 1515-1519 pour le savoir…

L’Ecole d’Athènes

L’Ecole d’Athènes est une fresque réalisée par Raphaël en 1509-1510 pour décorer l’une des salles du Vatican. Il le fait à la demande du Pape de l’époque, Jules II, le prédécesseur de Léon X qui est un des personnages principaux de 1515-1519.
Dans l’univers de 1515-1519, Raphaël est un elfe qui a sa propre religion et qui déteste tout particulièrement la religion catholique depuis qu’il s’est rendu compte qu’elle était basée sur un mensonge, lors de son séjour au Vatican.
Ecoled'Athenes
Il a peint cette oeuvre, connue pour son utilisation impressionante de la perspective, pour y placer des philosophes et des savants de l’Antiquité sous les traits de personnages contemporains, quelque fois controversés. Par exemple le peintre grec Protogène est représenté avec le visage du peintre italien Giovanno Antonio Bazzi surnommé Il Sodoma pour ses pratiques homosexuelles assumées.
Et surtout, il dénonce le mensonge sur lequel est basé la religion catholique : sur la partie centrale de ce tableau, là où tous les regards convergent, Platon montre le ciel de l’index de sa main droite : « Y a-t-il vraiment un Paradis ? » et Aristote lui répond juste à côté, la paume de la main droite tournée vers le sol : « Evidemment non. Tout ce qui existe est visible ici-bas. »
L’interprétation plus classique dans le monde « dit réel » de l’attitude de ces deux personnages est la suivante : Platon représente le monde immatériel des Idées, tandis qu’Aristote représente le monde matériel et sensible.
Platon est représenté sous les traits de Léonard de Vinci, pour une raison qui sera dévoilée dans 1515-1519 et que je ne « spoilerai » pas ici… Aristote est représenté sous les traits d’un inconnu mais dans le roman Léonard de Vinci (qui n’a jamais vu le tableau) dit à tort qu’il s’agit de Michel-Ange. En réalité, Michel-Ange a prêté plutôt ses traits à Héraclite qui se trouve au premier plan, un philosophe plutôt pessimiste qui correspond bien à l’humeur habituellement sombre de Michel-Ange. L’origine de l’erreur de Léonard de Vinci ne sera pas dévoilée dans 1515-1519 mais dans un des tomes suivants. Michel-Ange lui-même n’est qu’évoqué dans 1515-1519 mais il sera bien présent dans la suite, 1520-1522.