Triboulet

Parmi les nouveaux personnages que vous rencontrerez dans 1520-1522 il y a Triboulet, le bouffon de François Ier. Il avait déjà été au service de son prédécesseur, Louis XII. La mère de François, Louise de Savoie, le détestait et donc l’avait mis à l’écart. Mais Marguerite, la sœur de François, le voyant mélancolique (voir la scène du festin avant la session du Parlement de Paris dans 1515-1519) lui demande de reprendre du service.

Représentation de Triboulet dans une gravure du XIXème siècle

Le bouffon est le seul personnage à la Cour qui peut se moquer de tout le monde, y compris du souverain, ce qui n’est pas sans risques. Il est le révélateur, le miroir grotesque du Roi avec sa marotte, bâton surmonté d’une tête ridicule qui singe un sceptre.

Erasme (que nous rencontrerons aussi dans 1520-1522) parle des bouffons du Roi dans son Eloge de la Folie :  » Je conviens que les Princes ne peuvent souffrir qu’on leur dise leurs vérités. Mais c’est aussi ce qui fait le plus d’honneur aux Fous : car ils ne dissimulent point les défauts et les vices des Rois. Que dis-je ? Ils s’échappent souvent jusqu’à les insulter, et même jusqu’à leur dire des injures, sans que ces Maîtres du Monde s’en fâchent, ou s’en offensent. Des paroles qui feraient pendre Monsieur le Philosophe, s’il les proférait, sortent-elles de la bouche d’un Fou ? le Prince en rit de tout son cœur. Les plus grands rois les goûtent si fort que plus d’un, sans eux, ne saurait se mettre à table ou faire un pas, ni se passer d’eux pendant une heure. Ils prisent les fous plus que les sages austères, qu’ils ont l’habitude d’entretenir par ostentation… les bouffons, eux, procurent ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l’amusement, le sourire, l’éclat de rire, le plaisir.  » Nul doute que ce bon vivant qu’est François Ier apprécie son bouffon.

Le vrai nom de Triboulet est Nicolas Ferrial. Il est né en 1479 à Blois. On ne sait quasiment rien sur sa vie avant son entrée à la Cour de Louis XII. Celui-ci l’aimait beaucoup, allant jusqu’à exiger sa présence lors de ses déplacements pour les guerres en Italie.

Très beau portrait de Triboulet datant du milieu du XVIème siècle. On devine l’homme derrière la fonction du bouffon.

Triboulet a inspiré de nombreux auteurs. Un tel personnage ne pouvait pas échapper à Rabelais qui le met en scène dans son Tiers Livre. Victor Hugo en fait son héros dans la pièce Le Roi s’amuse, qui va inspirer à son tour l’auteur du texte de l’opéra Rigoletto de Verdi. Georges Méliès va même tourner un François Ier et Triboulet en 1907.

Le dernier bouffon officiel d’un Roi de France, appelé L’Angély, fut présent à la Cour de Louis XIII et au début du règne de Louis XIV, mais on imagine bien que le Roi-Soleil n’a pas voulu en reprendre. Cela ne devait pas convenir à l’idée qu’il se faisait de Versailles où on rigolait moins qu’à la Cour de François Ier !

Anne de Bretagne

Anne de Bretagne par Jean Bourdichon, détail d’une miniature des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, vers 1503-1508

Anne de Bretagne est la mère de Claude de France, l’épouse de François Ier et donc la Reine. Anne a été elle-même deux fois Reine de France : en épousant Charles VIII et en épousant son successeur Louis XII. Mais elle est surtout la Duchesse de Bretagne depuis la mort de son père en 1486. La Bretagne est alors indépendante de la France et elle est même en guerre contre elle par intermittence depuis 1465. Histoire de donner une idée de l’ambiance, signalons qu’en janvier 1490, Anne publie un Edit qui stipule que quiconque en Bretagne aiderait d’une manière ou d’une autre la France serait décapité.

En 1491, Anne est assiégée dans Rennes avec son armée et elle doit se rendre. C’est la défaite de la Bretagne. Anne doit se marier avec son ennemi, le roi de France Charles VIII. Le contrat de mariage est orienté clairement vers une future annexion de la Bretagne par la France. Anne quitte ses terres natales pour vivre avec le Roi de France dans ses châteaux. A Amboise, parce que le château est en travaux, elle réside au Manoir du Clos Lucé, là où vivra Léonard de Vinci quelques années plus tard. Elle a 6 enfants avec Charles mais tous sont mort-nés ou morts en bas-âge.

En 1498, pressé d’aller jouer au jeu de paume, Charles VIII heurte le linteau d’une porte à Amboise et en meurt. Anne se retrouve veuve et s’empresse de retourner en Bretagne et rétablit toutes les institutions du Duché que la France avait abolies. Elle consent néanmoins à se marier avec le successeur de Charles VIII, Louis XII mais le contrat de mariage est nettement plus favorable à la Bretagne que le précédent.

De cette union, naissent 2 filles : Claude et Renée qui survivront mais aucun des 4 garçons ne survivra. Ces grossesses successives sont suivies de très près par Louise de Savoie, la mère du futur François Ier, car elle sait que si aucun mâle n’est issu de l’union entre Anne et Louis XII, son fils chéri deviendra Roi. Louise et Anne se détestent et Anne de Bretagne n’aime pas le futur François Ier qu’elle surnomme « L’Ogre ». Ce n’est pas seulement parce qu’il a bon appétit. Elle sent chez lui une soif immodérée du pouvoir et elle sait que Louise a une forte influence sur lui. Elle est désespérée lorsque Louis XII se montre favorable aux fiançailles entre sa fille Claude et François. Elle fera tout pour faire annuler le mariage, y compris en proposant la main de Claude à Charles de Habsbourg (qui sera le futur grand ennemi de François). Si ce mariage avait vraiment eu lieu l’histoire de France et de l’Europe aurait sans doute été radicalement différente. Mais les intrigues de Louise de Savoie font échouer ce projet. Vous lirez dans « 1515-1519 » dans les paroles de Louise de Savoie la rancœur qu’elle a gardée de toute cette période.

Épuisée par les maternités malheureuses successives et atteinte de calculs urinaires, Anne de Bretagne meurt le 9 janvier 1514 au château de Blois et sa fille Claude peut finalement se marier avec François le 18 mai de la même année.

La fin de la Reconquista

Elle est mentionnée plusieurs fois dans « 1515-1519 » car c’est un événement considérable qui a durablement marqué l’Espagne et qui est encore assez récent dans l’esprit de certains de nos personnages.

La Reconquista est la reconquête par différents royaumes chrétiens de la péninsule ibérique sur les musulmans et elle s’achève le 2 janvier 1492 après 780 ans de présence musulmane. Le dernier bastion pris par les armées de Ferdinand et d’Isabelle La Catholique (les grands-parents maternels de Charles de Habsbourg) se situe à Grenade. Ferdinand est Roi d’Aragon et Isabelle est Reine de Castille et leur union en 1469 leur permet d’unir leurs forces.

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Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille s’unissent en 1469 et de cette union naît l’Espagne telle que nous la connaissons encore aujourd’hui.

Cette union sonne le glas de l’Émirat de Grenade. Notons que cet Émirat était déjà un vassal du Royaume de Castille depuis 1246 et avait vécu globalement en paix avec ses voisins, ce qui avait notamment permis de construire le magnifique Palais de l’Alhambra. Épisodiquement, des conflits s’étaient déclenchés lorsque l’Emir ne voulait pas payer de tributs, mais après quelques batailles les affaires rentraient dans l’ordre.

Dans le contexte de la mise en place de l’Inquisition espagnole en 1478 dirigée par le sinistre Torquemada, il devient inadmissible de maintenir cette enclave musulmane sur la péninsule ibérique et après diverses péripéties une armée de 10 000 cavaliers et 40 000 fantassins encerclent Grenade le 26 avril 1491. Isabelle La Catholique jure de ne pas se baigner et de changer de vêtements jusqu’à ce que la ville tombe. La ville subit 8 mois de siège et acculé par la famine, le dernier émir de Grenade, Mohammed XII surnommé Boabdil, donne les clés de la ville à Ferdinand et Isabelle qui va pouvoir enfin se laver et se changer (au grand soulagement de son mari…)

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Boabdil (à gauche) apporte les clés de Grenade que l’on aperçoit en arrière-plan à Ferdinand et Isabelle, le 2 janvier 1492. Tableau de Francisco Pradilla y Ortiz

La péninsule est libérée mais les Espagnols voudront poursuivre leurs efforts et repousser les musulmans hors d’Afrique du Nord. Comment cela va-t-il se dérouler ? Vous le lirez dans « 1515-1519 ».

Anton de Alaminos

Anton de Alaminos est un navigateur espagnol né en 1482.

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Il participe au troisième voyage de Christophe Colomb (1498-1500) ce qui veut dire qu’il avait juste 16 ans lors de l’embarquement. C’est au cours de ce voyage que les navires de Colomb atteignent le continent américain proprement dit pour la première fois (et pas seulement les îles des Caraïbes). Ils débarquent sur les côtes de l’actuel Venezuela.

Puis il participe au quatrième voyage de Colomb (1502-1504), avec la fonction de pilote alors qu’il a tout juste 20 ans.

Cliquez ici pour voir une carte grand format du quatrième voyage de Christophe Colomb

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Trajet du 4ème voyage de Christophe Colomb (1502-1504)

Ils atteignent le Panama et le Honduras. Les bateaux sont en mauvais état à cause de tempêtes et ils finissent par atteindre la Jamaïque (alors appelée Santiago) où l’équipage va rester un an. Un détachement d’Espagnols et de natifs part en canoë vers l’île d’Hispaniola où il y a une colonie espagnole bien établie pour demander de l’aide et organiser une expédition de secours. Pendant ce temps, en Jamaïque, les relations se tendent entre les Espagnols et les natifs mais Colomb s’attire à nouveau leur respect en prédisant l’éclipse de Soleil de Mars 1504 à l’aide des tables astronomiques qu’il avait apportées. Finalement, l’expédition de secours arrive fin Juin 1504.

Après ce voyage dramatique, on retrouve Anton de Alaminos en 1513 avec Juan Ponce de Léon. Cette expédition permet de découvrir la Floride (nommée ainsi à cause des très nombreuses fleurs observées derrière la plage de leur lieu de débarquement). Les conquistadors pensent alors avoir découvert une grande île et ne comprennent pas qu’elle est reliée au même continent que le Honduras et le Panama que Anton avait visité 10 ans auparavant. Au cours de ce voyage, le navigateur découvre un courant marin chaud qui part entre la Floride et les Bahamas et qui se dirige vers le nord-est : le Gulf Stream.

En 1515, au moment où commence notre histoire, Anton de Alaminos se trouve à Cuba, prêt à reprendre la mer pour de nouvelles aventures…

La salamandre de François Ier

Dans le monde de « 1515-1519 » les animaux-emblèmes sont confiés à certains Rois (pas à tous…) par les fantômes de leurs prédécesseurs. Ils leur servent d’animal de compagnie mais aussi pour surveiller ou comme guerrier d’élite lors des combats. Nous avons déjà évoqué l’aigle à deux têtes de Charles de Habsbourg. Voici le moment d’évoquer la salamandre géante qui crache des flammes de François Ier.

Elle ressemble à un lézard géant avec une tête très aplatie et avec une longue queue effilée. Sa peau est chaude, douce et luisante avec des couleurs irisées. Elle est invisible aux yeux du commun des mortels (la Reine Claude a manqué plus d’une fois de lui marcher sur la queue). Elle a l’habitude de se prélasser au coin du feu, voire dans le feu. Lors qu’un ensemble de bûches s’écroule dans les grandes cheminées des châteaux où réside François Ier, ce n’est pas toujours dû aux effets de la combustion !

Nous retrouvons des traces de l’animal partout sur les murs du château de Blois et au château de Chambord (plus de 300 représentations dans ce dernier : François Ier était très attaché à son animal-emblème !).

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Salamandre royale entourée d’angelots au château de Blois. C’est à partir de cette photo qu’a été réalisée la couverture du livre.

On trouve une devise associée à la salamandre : « Nutrisco et extinguo » : je nourris (le bon feu) et j’éteins (le mauvais).

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Salamandre royale avec sa devise au château d’Azay-le-Rideau

Très logiquement, on trouve aussi la salamandre sur le blason de la ville du Havre que François Ier a fondée en 1517.

Le Havre

La salamandre est un animal classique du bestiaire médiéval. On la disait « maitresse des éléments » car elle peut vivre autant sur terre que dans l’eau (c’est un Amphibien) et aussi résister aux flammes. Cette dernière croyance a pour origine le fait que les salamandres hibernent souvent accrochées à des souches d’arbres. Lorsqu’on prenait ces souches en hiver pour les mettre à brûler on pouvait voir la salamandre s’échapper des flammes, toujours vivante, car protégée par sa peau humide pendant le temps nécessaire pour se réveiller et s’enfuir ! Dans l’Antiquité, Pline l’Ancien (autour de 50 ap JC) la mentionnait déjà dans son Histoire Naturelle en relation avec le feu : « la salamandre est si froide qu’elle éteint le feu lorsqu’elle le touche ».

Pour François Ier, la salamandre et sa devise symbolisaient sans doute que la foi chrétienne (le bon feu) pouvait éteindre les flammes de l’Enfer (le mauvais feu).

Quant à la taille de l’animal, si elle vous parait exagérée dans le monde de « 1515-1519 » sachez qu’il existe des salamandres géantes en Chine qui peuvent mesurer jusqu’à 1,80 m de long !

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Un rhinocéros pour le Pape

Parmi le bestiaire (fourni) de 1515-1519, vous rencontrerez un rhinocéros qui sera sur un bateau en chemin du Portugal vers Rome. Et cette partie de l’histoire s’est déroulée de la même manière dans le monde du livre et dans le monde « dit réel ».

Ce rhinocéros a été capturé à l’ouest de l’Inde, dans l’Etat de Gujarat par le Sultan qui régnait à l’époque sur ces terres. Il l’offrit en cadeau aux Portugais qui colonisaient des territoires au sud de Gujarat, nommés Goa. Le Gouverneur de Goa décida d’envoyer l’animal au Portugal pour le montrer au Roi Manuel Ier. Le rhinocéros embarqua en Janvier 1515 sur un bateau par ailleurs chargé d’épices. Il arriva à Lisbonne en Mai. C’était la première fois depuis l’Empire Romain (donc depuis plus de 1000 ans) qu’un rhinocéros foulait le sol européen. L’animal suscita une énorme curiosité et toute l’Europe fut bientôt au courant. A Nuremberg, le grand peintre et graveur Albrecht Dürer (que nous rencontrons aussi dans 1515-1519) en fait une célèbre gravure sur bois, sans l’avoir jamais vu, en utilisant juste les descriptions et les croquis que les voyageurs en ont fait.

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La gravure comporte d’ailleurs un certain nombre d’erreurs : il y a une pointe à la base de la nuque de l’animal qui n’existe pas chez un rhinocéros et qui ressemble à une petite dent de narval. La peau ressemble plus à une carapace articulée de Crustacé qu’à la peau d’un vrai rhinocéros. Les pattes ont des écailles comme un reptile. Dürer représente donc une chimère, interprétant le rhinocéros comme un animal fantastique (mais à l’époque la frontière entre le fantastique et le réel était très ténue en zoologie !).

Manuel Ier fit défiler le rhinocéros dans les rues de Lisbonne et organisa même un combat avec un jeune éléphant. L’éléphant, apeuré par les cris de la foule, courut se réfugier dans un enclos et le rhinocéros a été déclaré vainqueur par forfait.

Lorsque Manuel Ier se lassa du rhinocéros et que l’effervescence retomba à Lisbonne, le Roi du Portugal décida de l’offrir au Pape Léon X. On fit embarquer l’animal en Décembre 1515 sur le João de Pina. Le bateau contourna la péninsule ibérique et il fit escale au large de Marseille, sur l’île d’If (où il n’y avait pas encore de château pour la simple et bonne raison que François Ier n’avait pas encore décidé d’en construire un à cet endroit).

Et que s’est-il passé ensuite ? Il suffit de lire 1515-1519 pour le savoir…

Riche comme un Fugger

C’est une expression qui a cours depuis le XVIème siècle et effectivement la richesse de la famille Fugger avait de quoi être proverbiale : à son apogée, la famille possédait une richesse équivalente à 350 milliards d’euros actuels (compte tenu de l’inflation).

Dans « 1515-1519 » nous rencontrons dans la deuxième partie du récit Jacob Fugger, le plus riche de la famille.

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Portrait de Jacob Fugger peint par Albrecht Dürer, vers 1519 quand nous le rencontrons dans le récit

Né en 1459, il se forme à Venise où il apprend la comptabilité en partie double : débit/crédit. Cela parait extrêmement banal car c’est le principe de base de toute la comptabilité des entreprises actuelles, mais à l’époque c’était peu répandu. C’est Luca Pacioli, un moine franciscain et mathématicien à ses heures (de prière) perdues qui a popularisé cette méthode de comptabilité en 1494 en la formalisant, mais on l’utilisait déjà dans certaines banques lombardes depuis le XIIIème siècle.

Jacob Fugger reprend l’entreprise financière familiale à Augsbourg (ouest de la Bavière) à la mort de son père. L’entreprise fondée en 1367 a pour origine la fabrication textile mais se diversifiera progressivement avec la vente de toutes sortes de marchandise de luxe (dont des épices). Jacob la rend encore plus florissante en ouvrant des succursales dans les grandes villes du Saint Empire Romain Germanique, en utilisant ses connaissances acquises en Italie et son sens remarquable de l’organisation et du détail et aussi en étendant ses activités aux mines de cuivre et d’argent. Fugger finit par avoir le quasi-monopole de l’extraction du cuivre en Europe en association avec une famille hongroise, la famille Thurzo. La société Thurzo-Fugger est considérée par plusieurs historiens comme la première entreprise capitaliste d’Europe. Pour consolider cette alliance, Jacob Fugger n’hésitera pas à pousser sa nièce à se marier avec un Thurzo.

Pour communiquer entre elles, les succursales mettent en place un système de communication efficace avec leurs propres relais de chevaux que les Rois et les Empereurs n’hésiteront pas à utiliser pour acheminer leur courrier (avec paiement de ce service bien sûr).

Fugger octroie des prêts aux têtes couronnées pour qu’elles puissent lever des armées de mercenaires (dont les fameux Landsknechten dont nous avons déjà parlé). La toute première Garde Suisse Pontificale en 1506 pour le Pape Jules II a été payée grâce à Fugger. En remerciement, le Pape accordera à Fugger le droit de gérer une partie de l’argent issu des indulgences (les péchés sont pardonnés si on paye).

Jacob Fugger a utilisé une (très petite) partie de sa fortune pour faire construire la chapelle Sainte Anne d’Augsbourg en 1512. Elle est considérée comme le premier bâtiment avec une architecture de la Renaissance sur le territoire allemand. Jacob Fugger y est enterré (on n’est jamais si bien servi que par soi-même).

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Autel de la chapelle Sainte Anne à Augsbourg

Autre oeuvre sociale : le Fuggerei d’Augsbourg. Il s’agit de 52 maisons, qui étaient des sortes de HLM avant l’heure. Pour y habiter, il fallait payer une somme modique (l’équivalent d’un peu moins de 1 Euro par an) et prier trois fois par jour pour le salut de l’âme de Fugger. L’arrière grand-père de Mozart (qui était un maçon) a vécu dans une de ces maisons. Elles existent encore aujourd’hui et des habitants y vivent (je ne sais pas s’il faut toujours qu’ils fassent les 3 prières par jour…)

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Fuggerei d’Augsbourg

Dans 1515-1519, Jacob Fugger n’apparaît que dans un seul chapitre mais avec son pragmatisme cynique et son sens des affaires, il va durablement marquer l’avenir de certains de nos personnages.