Kutná Hora

La troisième partie de la saga, « 1523-1526 », nous permet de découvrir l’Europe Centrale et notamment le Royaume de Bohême. A l’époque de l’histoire, il est associé au Royaume de Hongrie. Nous visitons Kutná Hora, une ville à 60 km au sud-est de Prague, dont le nom veut dire « La montagne où l’on creuse ». Dans l’univers de la saga, il s’agit d’une enclave elfique au milieu du Royaume humain. Les elfes y extraient du minerai d’argent et en cèdent une partie au Royaume de Bohême qui y trouve une source pour frapper sa monnaie. A l’occasion, les elfes peuvent ajouter à l’argent quelques propriétés magiques (le médaillon en argent elfique que Louise de Savoie offre à François Ier dans le premier tome provient de Kutná Hora).

Dans le monde « dit réel », Kutná Hora a effectivement été un centre important d’extraction du minerai d’argent. A son apogée au cours du XIVème siècle, 30% de tout l’argent en Europe est extrait de ces mines et assure la prospérité du Royaume de Bohême. En 1300, le Roi de Bohême Venceslas II crée une nouvelle monnaie en argent le Pražský groš (ou Gros de Prague) qui devient la monnaie de référence en Europe Centrale.

Gros de Prague en argent de Kutna Hora avec au centre la couronne de Bohême et sur le pourtour : WENCESLAS SECUNDUS DEI GRATIA REX BOEMIE (Venceslas II, par la grâce de Dieu roi de Bohême).

La richesse du Roi de Bohême lui vaut de devenir un Prince-Électeur qui participe à l’élection de l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique et c’est d’ailleurs le seul Prince-Électeur non germanique (il est slave).

Au cours des guerres hussites dans les années 1420, la ville reste catholique et près de 2000 prisonniers hussites sont condamnés à travailler dans les mines. Mais le Général hussite Jan Žižka conquiert la ville en 1422, la brûle et la pille. L’extraction est interrompue et reprend après la fin du conflit en 1448, mais le rendement des mines est ensuite rapidement sur le déclin car l’essentiel a déjà été extrait.

Les mines d’argent se visitent toujours de nos jours avec une reconstitution des outillages utilisés.

Kutná Hora est aussi célèbre pour sa cathédrale dédiée à Sainte-Barbe, la patronne des mineurs. Elle a été construite par Peter Parler à partir de 1388. Cet architecte a aussi construit le Pont Charles à Prague. La toiture de la cathédrale recourbée sur ses clochers est assez unique.

Enfin mentionnons la présence de la chapelle de Sedlec tout près de Kutná Hora. Ses décorations sont réalisées à partir des os exhumés des cimetières ou fosses communes aux alentours, appartenant autant à des morts de l’épidémie de peste des années 1350 que des morts des batailles hussites des années 1420.

Il n’est pas de doute qu’un tel lieu inspirera de belles scènes dans les futurs tomes de la saga !

L’Ecole d’Athènes

L’Ecole d’Athènes est une fresque réalisée par Raphaël en 1509-1510 pour décorer l’une des salles du Vatican. Il le fait à la demande du Pape de l’époque, Jules II, le prédécesseur de Léon X qui est un des personnages principaux de 1515-1519.
Dans l’univers de 1515-1519, Raphaël est un elfe qui a sa propre religion et qui déteste tout particulièrement la religion catholique depuis qu’il s’est rendu compte qu’elle était basée sur un mensonge, lors de son séjour au Vatican.
Ecoled'Athenes
Il a peint cette oeuvre, connue pour son utilisation impressionante de la perspective, pour y placer des philosophes et des savants de l’Antiquité sous les traits de personnages contemporains, quelque fois controversés. Par exemple le peintre grec Protogène est représenté avec le visage du peintre italien Giovanno Antonio Bazzi surnommé Il Sodoma pour ses pratiques homosexuelles assumées.
Et surtout, il dénonce le mensonge sur lequel est basé la religion catholique : sur la partie centrale de ce tableau, là où tous les regards convergent, Platon montre le ciel de l’index de sa main droite : « Y a-t-il vraiment un Paradis ? » et Aristote lui répond juste à côté, la paume de la main droite tournée vers le sol : « Evidemment non. Tout ce qui existe est visible ici-bas. »
L’interprétation plus classique dans le monde « dit réel » de l’attitude de ces deux personnages est la suivante : Platon représente le monde immatériel des Idées, tandis qu’Aristote représente le monde matériel et sensible.
Platon est représenté sous les traits de Léonard de Vinci, pour une raison qui sera dévoilée dans 1515-1519 et que je ne « spoilerai » pas ici… Aristote est représenté sous les traits d’un inconnu mais dans le roman Léonard de Vinci (qui n’a jamais vu le tableau) dit à tort qu’il s’agit de Michel-Ange. En réalité, Michel-Ange a prêté plutôt ses traits à Héraclite qui se trouve au premier plan, un philosophe plutôt pessimiste qui correspond bien à l’humeur habituellement sombre de Michel-Ange. L’origine de l’erreur de Léonard de Vinci ne sera pas dévoilée dans 1515-1519 mais dans un des tomes suivants. Michel-Ange lui-même n’est qu’évoqué dans 1515-1519 mais il sera bien présent dans la suite, 1520-1522.

La Bande Noire

Dans l’univers de 1515-1519, la Bande Noire est un groupe de mercenaires composé d’elfes renégats et bannis, qui ont tourné le dos aux habitudes de leur peuple et qui louent leurs services aux plus offrants. Leurs prouesses et leur agilité seront utiles à nos héros, et également aux dames de Lyon qui se souviendront longtemps de leur passage (je vous laisse découvrir pourquoi dans le livre…)

 

Dans le monde dit « réel », la Bande Noire est aussi un groupe de mercenaires, venant de Germanie. L’une des hypothèses quant à leur origine pourrait expliquer leur nom : ils seraient venus de la région de la Forêt Noire au sud-ouest de l’Allemagne, le long du Rhin. Selon d’autres hypothèses, ils proviendraient de Saxe et auraient été initialement recrutés pour faire la guerre aux Frisons en 1498, dans le territoire actuel des Pays-Bas. Quoiqu’il en soit, ils participent bien à la bataille de Marignan aux côtés de François Ier et ils sont 6000 d’après Martin du Bellay. Ils sont « aguerris depuis vingt ans » d’après lui, ce qui correspond bien à l’hypothèse de la guerre contre les Frisons.

 

Il y a d’autres Bandes Noires mentionnées dans les textes de cette époque et il est possible que des membres de la première compagnie de mercenaires ait essaimé et fondé leur propre compagnie en conservant ce label prestigieux, surtout après Marignan.

Landsknecht
Figurine de Landsknecht, très réussie. Source : https://www.pinterest.fr/pin/541346817681888037/?autologin=true

Les Bandes Noires font partie d’un ensemble plus large : les Landsknechten ou mercenaires allemands. Knecht veut dire valet, ce qui signifie une servitude vis-à-vis de l’employeur qui les paye et Land signifie le pays ou plutôt ici la campagne, car beaucoup de recrutés proviennent de familles campagnardes. La démographie explose à cette époque, et les cadets des familles partent volontiers à l’aventure plutôt que de rester avec un héritage rabougri. Les Landsknechten sont réputés pour leur efficacité et leur brutalité, et aussi leurs vêtements hauts en couleurs.

Leur arme de prédilection est la flamberge (que vous voyez sur les images). La forme ondulée de sa lame ralentit la glissade de l’épée adverse lors d’une parade et elle provoque des vibrations spécifiques et dérangeantes dans l’arme de l’adversaire qui se répercute douloureusement sur son bras. Les plus grosses des flamberges sont des Zweihänder, qui nécessitent deux bras pour les tenir.

Vous n’avez pas fini de les rencontrer dans l’univers du Chroniqueur de la Tour ! Notamment, comme ils vendent leurs services au plus offrant, ils peuvent très bien un jour combattre aux côtés de nos héros et un autre jour, contre !