Les armures du XVIème siècle

Le XVIème siècle a vu la fabrication des armures les plus élaborées et ornementées de toute l’Histoire et c’est très logiquement que la description des armures de nos personnages est un élément important de 1515-1519 et de 1520-1522.

Les armures de cette époque bénéficient de plusieurs siècles de savoir-faire et d’amélioration et leur fonction première est bien sûr de protéger. Elles ne protègent cependant plus contre les boulets de canon mais les balles des arquebuses (à condition qu’elles ne soient pas tirées de trop près) ne peuvent les percer car elles n’ont pas de vitesse suffisante. Rois, Princes ou simples nobles se retrouvent encore fréquemment sur les champs de bataille et les lices des tournois. Malgré tout, ces armures n’empêchent pas certains Rois de se faire grièvement blessé ou tué au cours de batailles ou de tournois (je ne vais pas spoiler qui cela concerne, vous ne manquerez pas de vivre ces scènes dramatiques dans la saga !)

Mais la fonction d’une armure, tout particulièrement pour un Roi, est aussi de mettre en avant son prestige et sa richesse. Elle a alors une fonction d’apparat.

Il s’agit aussi de mettre en avant des symboles. Par exemple, voici une armure d’apparat de l’Empereur Charles Quint, inspirée des tenues romaines, pour montrer la continuité de son Saint Empire Romain Germanique avec l’Empire Romain (tout court).

Armure d’apparat de Charles Quint. Notons que ses vrais abdominaux ne devaient pas avoir cette forme !

Voici l’armure portée par son frère cadet, Ferdinand de Habsbourg. Pour afficher sa lutte contre les Ottomans et les Protestants, le plastron est gravé d’une représentation de la Vierge tenant l’enfant Jésus :

Voici l’armure d’Ayne de Montmorency (Anne de Montmorency en réalité, Anne était à l’époque un prénom masculin tout autant que féminin).

Armure d’Anne de Montmorency, Musée de l’Armée, Paris

Les armures sont très pratiques pour connaitre la taille de leur propriétaire car elles étaient ajustées sur mesure. Ainsi, nous savons qu’Anne de Montmorency faisait 1m72.

En ce qui concerne François Ier, voici l’histoire d’une armure faite pour lui, à ses mesures (il faisait presque 2 m), commandée par Charles Quint pour lui offrir en cadeau mais que le Roi de France n’a jamais finalement portée.

Certaines pièces d’armure avaient des usage bien spécifiques comme ce gantelet dans la forme permettait de bien tenir la lance utilisée pour les tournois.

Gantelet de tournoi visible au Musée de Vienne

Il fallait également assurer la protection de certains organes précieux, tout particulièrement chez les membres de la famille royale ! Il s’agissait également d’affirmer sa virilité.

Détail de l’armure de Ferdinand de Habsbourg

Le plus célèbre armurier de l’époque est le Milanais Filippo Negroli (1510-1579). Charles Quint faisait parti de ses plus prestigieux clients. On lui doit notamment cet incroyable casque de parade où vous retrouvez toute une symbolique liée à l’aigle.

Par ailleurs, les chevaux pouvaient aussi avoir des armures, ce qui est logique au vu de leur importance stratégique sur un champ de bataille. Voici une armure joliment ouvragée qui protège le chanfrein.

Métal gravé et dorure, Paris, Musée de l’Armée

Et voici une armure portée par le cheval d’Henry VIII.

Pour terminer, le Prix de la pièce d’armure la plus extraordinaire est remporté par ce casque offert par l’Empereur Maximilien (le grand-père de Charles Quint) à Henry VIII en 1514. Il faisait partie d’un ensemble d’armure complet mais le reste a été perdu. Il n’était pas destiné à être porté sur un champ de bataille quoiqu’il aurait fait son petit effet.

Casque fabriqué par l’armurier Konrad Sausenhofer et offert par l’Empereur Maximilien Ier à Henry VIII. Royal Armories Museum, Leeds, Angleterre

Les chercheurs se perdent en conjectures sur la signification de ce casque qu’on a pensé d’abord attribué au bouffon de la Cour avant de trouver des documents qui attestent qu’il appartenait bien au Roi d’Angleterre. On sait qu’Henry VIII avait des problèmes de vue (myopie), d’où les bésicles. Il s’agissait sans doute d’un casque pour un bal masqué ou un carnaval. C’était l’époque où Henry VIII était encore jeune et avait toujours le sens de l’humour et de l’autodérision. Les choses ont bien changé par la suite…

Si vous êtes intéressé par les armures médiévales et Renaissance, vous pouvez visiter cette superbe page, très complète (en anglais).

Une petite balade à Venise

Aujourd’hui, nous allons visiter Venise sur les traces des personnages de 1515-1519 et de 1520-1522. Quand commence notre histoire, Venise est une République prospère, et la ville compte 100.000 habitants, ce qui est beaucoup pour l’époque. Elle contrôle aussi des ports le long de l’actuelle Croatie et de la Grèce, ainsi que la Crête et Chypre.

La chute de Constantinople en 1453 et la prise de contrôle par les Ottomans de l’est de la Méditerranée a constitué tout de même un coup dur pour le commerce. La concurrence des Espagnols et des Portugais commence à se faire sentir. C’est une époque charnière pour l’avenir de La Sérénissime.

Le Palais des Doges est le centre névralgique du pouvoir. Pour accéder à l’entrée du Palais, les visiteurs peuvent emprunter un escalier monumental en marbre : l’Escalier des Géants. Ayne de Montmorency, l’un de nos héros, pense qu’il va l’emprunter lors de sa visite au Doge. Mais il en sera autrement…

Escalier des géants du Palais des Doges. Les deux statues représentant Mars et Neptune ont été ajoutées en 1567, donc nos héros n’ont pas pu les contempler.
By Benh LIEU SONG – Own work, CC BY-SA 4.0

Avant cela, Ayne avait rencontré Mariano Baldecci, l’espion cynique et sans scrupules de la France à Venise. Ils avaient rendez vous près de l’église San Giacomo dall’Orio. Elle a été construite en 1225 et a été remodelée/agrandie ensuite tout au long du XVème et du XVIème siècle, ce qui lui a donné un aspect tarabiscoté et peu uniforme. Le clocher contient une statue d’un homme tenant une coquille Saint-Jacques indiquant que l’église devait être le point de ralliement des pèlerins qui allaient de Venise à Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’église San Giacomo dall’Orio

Un peu plus tard dans notre histoire, le Doge accueille un membre de la famille Contarini, qui est ambassadeur de Venise en Egypte, qui ne fait partie que récemment de l’Empire Ottoman. Le Doge l’accompagne en gondole jusque chez lui au Palazzo Contarini del Bovolo, connu pour son escalier externe en spirale qui date de 1499. L’Ambassadeur est content de retrouver sa famille, d’autant plus qu’il a vu que des choses inquiétantes se tramaient en Egypte…

L’escalier en spirale du Palazzo Contarini del Bovolo.

Un peu plus tard, notre espion Mariano Baldecci passera une soirée mémorable qui le mènera dans le cimetière jouxtant la Basilique San Zanipolo. Les origines de cette basilique remontent à un rêve du doge Jacopo Tiepolo en 1234 : un vol de colombes au-dessus d’un espace marécageux qui n’avait pas encore été aménagé dans la lagune. Il en fit don en 1234 aux Dominicains qui venaient d’arriver dans la ville et qui y bâtirent un premier édifice religieux. La Basilique en elle-même fut achevée en 1430.

La Basilique San Zanipolo. Photo par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Originalité du lieu, des tombeaux sont adossés à la façade externe, un peu en hauteur.

Le sarcophage des Doges Jacopo et Lorenzo Tiepolo, père et fils qui ont dirigé successivement la République au XIIIème siècle. Photo : Par Didier Descouens — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Nous terminerons cette visite par le ghetto de Venise, dont nous sommes les témoins de la création dans une scène de 1515-1519. Suite à la Reconquista catholique en Espagne et l’Inquisition de Torquemada, de nombreux Juifs espagnols fuient le royaume espagnol. Certains viennent se réfugier à Venise. Une partie de la population s’inquiète de cette immigration (bien que les chiffres restent quand même faibles : 700 Juifs sur 100 000 habitants, mais visiblement cela suffit à poser problème pour certains !). Le 29 mars 1516, le Sénat propose de les confiner sur une île qui avait abrité une fonderie de cuivre désormais abandonnée. Le site est à la périphérie de la ville (alors qu’en général les Juifs habitaient jusqu’alors près du centre et des quartiers marchands du Rialto), il n’abrite pas d’église chrétienne et il est facile à contrôler grâce à la construction de deux portes qui sont fermées le soir. Seuls les médecins pouvaient sortir du ghetto pendant la nuit. Le terme de ghetto provient du vénitien getto ou gheto qui veut dire fonderie. Il s’est ensuite généralisé aux quartiers où les Juifs étaient rassemblés, même en dehors de Venise.

Vous pouvez regarder la vidéo ci-dessous où tout est expliqué en détails :

La couronne de plumes de Moctezuma

Dans le monde de 1515…, les peuples d’Amérique Centrale sont des hommes qui ont des plumes à la place des poils. Cela ne leur permet pas de voler à proprement parler mais cela leur permet de faire quelques prouesses acrobatiques, bien utiles dans les combats, que vous découvrirez dans les livres.

Dans le monde dit réel, les plumes avaient une importance toute particulière pour les Aztèques. L’un de leurs Dieux, Quetzalcoatl, est un serpent qui a des plumes à la place des écailles. Huitzilopochtli, le Dieu de la guerre et du Soleil a pour symbole le colibri et sa mère Coatlicue, déesse de la Terre, l’aurait mis au monde après être tombée enceinte en ayant mis dans son corsage une boule de plumes qu’elle avait trouvée sur son chemin (!)

Les plumes étaient utilisées pour des ornementations sur les habits des dignitaires de haut rang. Il est normal que le tlatoani (l’Empereur) ait eu les plus beaux et impressionnants ornements de plume. La couronne attribuée à Moctezuma est indéniablement imposante.

Elle fait 1,16 mètre de hauteur. Les plumes vertes sont celles du quetzal, un oiseau d’Amérique centrale. Le nom de cet oiseau vient du nahuatl, la langue des Aztèques, et veut dire grande plume verte.

Les plumes sont maintenues ensemble par une frise en or. L’authenticité de cette couronne fait débat pour certains spécialistes, mais sa présence est attestée en 1575 dans les collections des Habsbourgs d’Autriche qui l’ont obtenu sans doute de leur branche espagnole. La couronne de plumes se trouve actuellement dans un musée à Vienne, mais le Mexique demande en vain sa restitution depuis plusieurs années.

Le quetzal représente toujours à l’heure actuelle un symbole associé au pouvoir puisqu’il se trouve sur les armoiries du Guatemala.

Le cheval perdu de Léonard de Vinci

Dans les années 1480 et 1490, Léonard de Vinci est au service du Duc de Milan, Ludovic Sforza qui est le père de Massimiliano Sforza que nous rencontrons dans la première partie de « 1515-1519 » et de son frère Francesco Sforza que nous rencontrons dans la deuxième partie du livre.

En 1482, Ludovic Sforza propose à Léonard de Vinci de réaliser la plus grande statue équestre du monde à la gloire de son père Francesco Sforza, qui avait installé les Sforza à la tête du Duché de Milan en 1450. Léonard relève le défi et prévoit effectivement un cheval d’une taille démesurée.

LeonardCheval
Echelle de taille entre le cheval prévu pour la statue équestre du Duc de Milan et Léonard (qui était lui-même grand pour l’époque !)

Suivant son habitude, Léonard prend son temps et pendant des années il couvre ses carnets de dessins anatomiques de chevaux.

EtudeChevauxLeonard

Du coup, personne ne saura mieux peindre et dessiner les chevaux que lui et comme c’est mentionné dans « 1515-1519 » Léonard aidera d’autres artistes comme Raphaël à peindre des chevaux.

Un moment, Léonard envisage de faire un cheval cabré et remplit ses carnets de calculs et de figures géométriques pour prévoir la répartition des poids et résoudre les problèmes d’équilibre. Mais il renonce devant la difficulté de la tâche et revient à une configuration plus classique avec un cheval en marche reposant sur deux pattes, une avant et une arrière en opposition. Pendant ce temps, Ludovic Sforza s’impatiente et s’énerve que Léonard s’intéresse plus au cheval qu’au cavalier ! Il cherche d’autres sculpteurs mais personne n’ose se confronter à Léonard de Vinci.

Léonard finit par se lancer dans la réalisation concrète du projet mais il souhaite faire d’abord un modèle en plâtre à la taille prévue avant de mobiliser les 100 tonnes de bronze (!) nécessaires à la statue réelle. Le modèle en plâtre est dévoilé en 1494 à l’occasion du mariage de la nièce du Duc de Milan avec Maximilien du Saint Empire (le grand-père paternel de Charles de Habsbourg). Il fait sensation. Dans la foulée, porté par l’enthousiasme, Léonard réalise les moules nécessaires pour couler les 100 tonnes de bronze. Mais la guerre avec la France éclate ! Le bronze est plutôt utilisé pour fabriquer des canons. Lorsqu’en 1499, les Français de Louis XII envahissent Milan, Léonard doit fuir et le modèle en plâtre de son immense cheval est détruit par les arbalétriers français qui s’en servent comme cible pour s’entraîner (un cheval de plus de 7 mètres, ça devrait aller comme cible, même pour des débutants ! Mais j’imagine qu’ils devaient « s’amuser » à viser des parties précises de l’animal plutôt que l’animal en tant que tel). Les moules qui avaient été préparés sont perdus, sans doute recyclés pour un usage militaire.

Depuis, diverses tentatives de reconstitution du cheval de Léonard ont eu lieu à différentes échelles mais personne ne saura jamais à quoi aurait vraiment ressemblé l’oeuvre de Léonard si elle avait été achevée.

Tlaloc

Une partie de l’intrigue de la deuxième partie de « 1515-1519 » se passe en Amérique centrale chez les Aztèques. C’est l’occasion d’en savoir un peu plus sur leurs coutumes et leurs (très) nombreux Dieux.

Tlaloc est brièvement évoqué dans notre histoire. Il s’agit du Dieu des pluies, de la foudre et de l’agriculture, d’où l’expression rituelle : « Que Tlaloc rende vos champs prospères ».

Tlaloc
Tlaloc, le Dieu des pluies, de la foudre et de l’agriculture des Aztèques

Son nom veut dire « celui qui fait ruisseler les choses ». Il vit au sommet des montagnes avec ses deux compagnes,  Chalchiuhtlicue, la déesse des eaux douces, et Huixtociahuatl, la déesse des eaux salées. Les Aztèques dont la population est en forte croissance à l’époque de notre récit étaient très vulnérables à des événements météorologiques tels que la sécheresse ou les cyclones. Tlaloc était donc un des Dieux majeur du panthéon Aztèque. Cinq des dix-huit mois de l’année rituelle aztèque étaient consacrés à des cérémonies en son honneur. Certaines de ces cérémonies comportaient des sacrifices d’enfants. Si les enfants pleuraient pendant la cérémonie, c’était un bon présage…

A Tenochtitlan, la capitale aztèque construite sur un lac à l’emplacement de l’actuel Mexico, le plus grand temple appelé Templo Mayor (par les Espagnols) était en réalité un temple double avec deux volées de marches parallèles : l’une menait au temple de Tlaloc, l’autre au temple de Huitzilopochtli, le Dieu du Soleil.

aztec_pyramids_at_tenochtitlan
Reconstitution du centre de Tenochtitlan, avec le Templo Mayor à gauche et ses deux volées de marches. A son sommet, le temple de gauche est dédié à Tlaloc (Dieu de la pluie) et celui de droite à Huitzilopochtli (Dieu du Soleil).

Les représentations de Tlaloc chez les Aztèques étaient très proches de celles du Dieu Chaac des Mayas, qui était aussi le Dieu de la pluie, révélant ainsi une continuité dans les croyances des deux peuples.

Le château de Blois

Le château de Blois constitue un magnifique décor pour quelques scènes de 1515-1519. Nous avions déjà évoqué l’autre château le long de la Loire que François Ier aimait également : le château d’Amboise.

Le château de Blois est actuellement un château composite avec une partie gothique flamboyante, une partie Renaissance et une partie de style classique (XVIIème siècle). Le premier château est construit au XIIIème siècle sur une colline où s’était dressée auparavant « une grosse tour » construite par Thibaud le Tricheur, un Comte du Xème siècle qui avait changé de vassal, trahissant le père d’Hugues Capet, le fondateur de la dynastie des Capétiens. Logiquement, l’Histoire n’a pas été tendre avec lui et les chroniqueurs des Capétiens l’ont donc surnommé le Tricheur.

Bien plus tard, le Comte de Blois Charles d’Orléans est fait prisonnier par les Anglais après la désastreuse bataille d’Azincourt en 1415. Le château sans son propriétaire est visité par Jeanne d’Arc en 1429 juste avant son départ pour lever le siège d’Orléans. Après 25 ans de captivité, Charles d’Orléans peut enfin revenir à Blois. Son fils naît au château et devient plus tard le Roi Louis XII en 1498. Il entreprend la reconstruction du château dans le style gothique flamboyant et se fait triomphalement représenté au-dessus de l’entrée.

LouisXIIBlois
Louis XII à cheval au dessus de l’entrée du château. Photo : Christophe Finot

Louis XII à cheval au dessus de l’entrée du château. Photo : Christophe Finot

On peut remarquer sous les pattes du cheval, un porc-épic, l’animal-emblème de Louis XII (offert par les fantômes de tous les Rois de France qui l’ont précédé dans l’univers de 1515-1519). La devise de Louis XII est « Qui s’y frotte, s’y pique » !

Le-Porc-Epic-

En 1515, François Ier va ajouter une nouvelle aile avec un magnifique escalier. L’architecte est italien : Domenico da Cortona. Douze ans seulement séparent les ailes Louis XII et François Ier mais le saut architectural est immense !

AileBlois

Signalons que cette aile devait être détruite lors de la reconstruction en style classique de tout le château par Gaston d’Orléans, le troisième fils d’Henri IV selon les plans de François Mansart. Heureusement, à court d’argent, Gaston d’Orléans a dû interrompre le chantier en 1638 !

Si vous voulez visiter le château, c’est par ici.

Le Castel Sant’Angelo

Il s’agit d’une forteresse qui se dresse sur les bords du Tibre à Rome. Dans l’univers de 1515-1519, du Castel part un souterrain sous le fleuve où sont stockés les morts-vivants de l’armée papale, la fraîcheur des lieux limitant leur décomposition.

Castel Sant'Angelo
Le Castel Sant’Angelo vu depuis l’autre côté du Tibre

Ce qui est devenu une forteresse à disposition du Pape était à l’origine un mausolée, celui de l’Empereur Hadrien. Il est achevé en 139 et ses cendres y sont déposées. Les cendres de ses successeurs y trouveront également place jusqu’en 217. Les temps devenant incertains pour Rome, l’édifice perd sa fonction funéraire pour acquérir sa fonction militaire. Il est intégré à la muraille aurélienne en 403. Lors d’une attaque des Goths, les défenseurs de Rome vont utiliser les statues de bronze qui ornent le Castel comme projectile !

Et pourquoi s’appelle-t-il Sant’Angelo (Saint-Ange) ? En 590, Rome est ravagée par la peste. Le Pape de l’époque, Grégoire Ier, a une vision : l’Archange Michel lui apparaît au sommet du Castel et cela correspond au début de la fin de l’épidémie !

Le Castel est situé un peu à l’écart du Palais Apostolique. C’est pourquoi le Pape Nicolas III fait bâtir en 1277 un couloir long de 800 mètres, suspendu sur des piliers, joignant le Palais et le Castel: le Passetto di Borgo.

On voit à droite le Passetto di Borgo cheminer entre le Castel et les bâtiments à côté de la Basilique Saint Pierre. Signalons que la Basilique est en construction au moment où se déroulent les romans.
800px-Passetto
Passetto di Borgo aujourd’hui. Le couloir se trouve sous les créneaux, à l’endroit où on voit les meurtrières dans le mur.

A la Renaissance, le Pape Borgia, Alexandre VI l’utilisera pour s’échapper du Palais apostolique et se réfugier dans le Castel lors de l’arrivée des troupes françaises menées par Charles VIII en 1494. C’est que la vie d’un Pape n’était guère tranquille à cette époque !

Le Castel Sant’Angelo est donc à l’origine un mausolée. Donc pas étonnant que dans 1515-1519, le Pape y ait installé ses morts-vivants. On raconte aussi que les couloirs du Castel sont hantés par le fantôme de l’Empereur Hadrien, mais chut… c’est une histoire qui sera contée une autre fois.

Si ce monument vous intéresse vous pouvez suivre cette conférence :