Bartolomeo d’Alviano

Bartolomeo d’Alviano est un condottiero au service de Venise, né en 1455. Un condottiero est un chef mercenaire italien, qui se bat pour le plus offrant. Avec l’émiettement de l’Italie en petits Etats, ils pouvaient facilement faire monter les enchères ! Ils pouvaient également être embauchés par des puissances étrangères.

BartolomeoD'Alviano
Portrait de Bartolomeo d’Alviano par Giovanni Bellini

Ainsi, c’est pour le compte du Roi d’Espagne Ferdinand que Bartolomeo d’Alviano s’est battu en 1503 contre les Français (et notamment contre le Chevalier Bayard) à la bataille du Garigliano. Grâce à cette victoire, le Royaume de Naples tombe dans les mains de l’Espagne.

En 1509, Bartolomeo combat pour les Vénitiens. Les troupes de la Sérénissime République perdent la bataille d’Agnadel contre une coalition comprenant la France de Louis XII, le Pape Jules II, l’Empereur Maximilien et le Roi d’Espagne Ferdinand (l’ancien employeur de Bartolomeo…). Le condottiero est blessé par une lance. Il est fait prisonnier puis libéré contre une rançon. Il prend sa revanche sur les Français à Ravenne en 1512 où il a vu combattre Ayne de Montmorency, le principal homme de confiance de François Ier. Nul doute que les deux hommes vont se rencontrer à nouveau…

L’Ange au Sourire

Dans le monde de 1515-1519, les Rois de France sont couronnés par l’Ange au Sourire dans la cathédrale Notre-Dame de Reims. Il apparait dans les rayons du soleil qui traversent les vitraux de la cathédrale et il apporte la couronne au futur Roi. Nous le rencontrons dès le premier chapitre : le 25 janvier 1515, il couronne François Ier.

L’Ange au Sourire existe bel et bien dans le monde dit « réel »… à l’état de statue. Elle se trouve sur le portail nord de la façade occidentale de la cathédrale. Elle a été sculptée vers 1240.

Ange_au_sourire

L’histoire de cette statue a été mouvementée. Lors du bombardement de Reims du 19 Septembre 1914, l’Ange est décapité. Sa tête se brise au sol après une chute de plus de 4 mètres. Les morceaux sont ramassés par un abbé et précieusement conservés dans les caves de l’Archevêché de la ville. A partir de ces fragments et des moulages d’origine, la statue est reconstituée et remise à sa place en 1926.

Lorsque le Chroniqueur de la Tour arrivera à l’année 1914, il ne fait pas de doute que l’Ange au Sourire se battra contre l’artillerie allemande…

L’Ange au Sourire ne sera pas le seul Ange qui vous rencontrerez dans le monde qui est le théâtre de la saga. C’est le seul qui est présent dans 1515-1519 mais dans les tomes suivants, il y en aura d’autres…

Le château d’Amboise

Amboise est une ville sur les bords de la Loire entre Blois et Tours. C’est une étape traditionnelle de pèlerinage vers Saint Martin de Tours puis vers Saint Jacques de Compostelle. Son château surplombe la Loire sur un promontoire rocheux et c’est une résidence royale. De nombreuses scènes s’y déroulent dans 1515-1519.
Charles VIII fait reconstruire le château médiéval existant à partir de 1492. Il aménage un fossé entre le donjon et le plateau au-dessus de la Loire et y installe un terrain de jeu de paume. Ce terrain est surmonté de trois galeries superposées à arcades où la Cour peut venir voir les joueurs. La passion du jeu de paume sera fatale au Roi : Charles VIII trouve la mort au château d’Amboise par hémorragie cérébrale en se heurtant au linteau d’une porte de la galerie Hacquelebac. Il était pressé d’aller jouer à son sport favori !
Son successeur Louis XII poursuit les travaux et il y ajoute une aile de style Renaissance. C’est dans ce château que François Ier passe son enfance avec ses amis Ayne de Montmorency et Marin de Montchenu.
Amboise
Comme il est raconté dans 1515-1519, c’est aussi dans ce château que François Ier prendra l’une des décisions les plus importantes de toute son existence…

Pour visiter ce qu’il reste du château d’Amboise, suivre ce site.

L’Ecole d’Athènes

L’Ecole d’Athènes est une fresque réalisée par Raphaël en 1509-1510 pour décorer l’une des salles du Vatican. Il le fait à la demande du Pape de l’époque, Jules II, le prédécesseur de Léon X qui est un des personnages principaux de 1515-1519.
Dans l’univers de 1515-1519, Raphaël est un elfe qui a sa propre religion et qui déteste tout particulièrement la religion catholique depuis qu’il s’est rendu compte qu’elle était basée sur un mensonge, lors de son séjour au Vatican.
Ecoled'Athenes
Il a peint cette oeuvre, connue pour son utilisation impressionante de la perspective, pour y placer des philosophes et des savants de l’Antiquité sous les traits de personnages contemporains, quelque fois controversés. Par exemple le peintre grec Protogène est représenté avec le visage du peintre italien Giovanno Antonio Bazzi surnommé Il Sodoma pour ses pratiques homosexuelles assumées.
Et surtout, il dénonce le mensonge sur lequel est basé la religion catholique : sur la partie centrale de ce tableau, là où tous les regards convergent, Platon montre le ciel de l’index de sa main droite : « Y a-t-il vraiment un Paradis ? » et Aristote lui répond juste à côté, la paume de la main droite tournée vers le sol : « Evidemment non. Tout ce qui existe est visible ici-bas. »
L’interprétation plus classique dans le monde « dit réel » de l’attitude de ces deux personnages est la suivante : Platon représente le monde immatériel des Idées, tandis qu’Aristote représente le monde matériel et sensible.
Platon est représenté sous les traits de Léonard de Vinci, pour une raison qui sera dévoilée dans 1515-1519 et que je ne « spoilerai » pas ici… Aristote est représenté sous les traits d’un inconnu mais dans le roman Léonard de Vinci (qui n’a jamais vu le tableau) dit à tort qu’il s’agit de Michel-Ange. En réalité, Michel-Ange a prêté plutôt ses traits à Héraclite qui se trouve au premier plan, un philosophe plutôt pessimiste qui correspond bien à l’humeur habituellement sombre de Michel-Ange. L’origine de l’erreur de Léonard de Vinci ne sera pas dévoilée dans 1515-1519 mais dans un des tomes suivants. Michel-Ange lui-même n’est qu’évoqué dans 1515-1519 mais il sera bien présent dans la suite, 1520-1522.

La Bande Noire

Dans l’univers de 1515-1519, la Bande Noire est un groupe de mercenaires elfique. Il est composé d’elfes renégats et bannis, qui ont tourné le dos aux habitudes de leur peuple et qui louent leurs services aux plus offrants. Leurs prouesses et leur agilité seront utiles à nos héros, et également aux dames de Lyon qui se souviendront longtemps de leur passage…

Dans le monde dit « réel », la Bande Noire est aussi un groupe de mercenaires, venant de Germanie. L’une des hypothèses quant à leur origine pourrait expliquer leur nom : ils seraient venus de la région de la Forêt Noire au sud-ouest de l’Allemagne, le long du Rhin. Selon d’autres hypothèses, ils proviendraient de Saxe et auraient été initialement recrutés pour faire la guerre aux Frisons en 1498, dans le territoire actuel des Pays-Bas. Quoiqu’il en soit, ils participent bien à la bataille de Marignan et ils sont 6000 d’après Martin du Bellay. Ils sont « aguerris depuis vingt ans. » d’après lui, ce qui correspond bien à l’hypothèse de la guerre contre les Frisons.

Il y a d’autres Bandes Noires mentionnées dans les textes de cette époque et il est possible que des membres de la première compagnie de mercenaires ait essaimé et fondé leur propre compagnie en conservant ce label prestigieux, surtout après Marignan.

Landsknecht
Figurine de Landsknecht, très réussie. Source : https://www.pinterest.fr/pin/541346817681888037/?autologin=true

Les Bandes Noires font partie d’un ensemble plus large : les Landsknechten ou mercenaires allemands. Knecht veut dire valet, ce qui signifie une servitude vis-à-vis de l’employeur qui les paye et Land signifie le pays ou plutôt ici la campagne, car beaucoup de recrutés provenaient de familles campagnardes et paysannes. Ils étaient réputés pour leur efficacité et leur brutalité, et aussi leurs vêtements hauts en couleurs.

Vous n’avez pas fini de les rencontrer dans l’univers du Chroniqueur de la Tour !

 

La famille de François Ier

Pour ceux/celles qui sont toujours un peu perdu.e.s dans les relations de parentés, voici un arbre généalogique de François Ier qui pourra être utile pour accompagner votre lecture.

GenealogieFrançois

François Ier a été surtout élevé par sa mère, Louise de Savoie. Son père, Charles de Valois, est mort lorsqu’il avait 2 ans.

« Louise portait son habit de veuve qu’elle ne quittait plus depuis l’âge de 19 ans. François n’avait plus de souvenirs de sa mère sans cet habit et il ne pouvait l’imaginer autrement. Il ne pouvait l’imaginer aux côtés d’un mari, son père. Lui, il était plus transparent qu’un fantôme. Il n’était pas là. »

Extrait de 1515-1519 par le Chroniqueur de la Tour

Marguerite est la sœur aînée de François. Elle a 2 ans de plus que lui (sa mère Louise de Savoie avait 16 ans lorsqu’elle a donné naissance à Marguerite).

François Ier est le fils du cousin germain de son prédécesseur, Louis XII, mais c’est aussi son gendre puisqu’il a épousé sa fille, Claude (vous suivez toujours ?). La mère de Claude est la Duchesse Anne de Bretagne. Avant cela, elle s’était déjà mariée au prédécesseur de Louis XII, Charles VIII. Que ce soit avec Charles VIII ou avec Louis XII, elle n’a jamais eu d’enfant mâle qui ait vécu plus de 3 ans. C’est ainsi que la couronne est passée à une branche latérale des Valois et s’est posée sur la tête de François Ier.

L’aigle à deux têtes

Dans 1515-1519, l’aigle à deux têtes est l’animal-emblème de Charles de Habsbourg. Il a un plumage noir et une queue garnie de longues plumes ramifiées. Les deux têtes ont l’habitude de pousser chacun un cri avec un léger décalage temporel. L’aigle est invisible sauf pour Charles ou pour toute autre personne que Charles choisit.

Dans le monde « réel », l’aigle à deux têtes était bien le symbole de la dynastie des Habsbourgs mais il a été le symbole de beaucoup d’autres dynasties, de royaumes et d’empires. L’aigle est un symbole de pouvoir et de domination. Les deux têtes qui regardent vers des côtés opposés symbolisent la vigilance et le vaste territoire à surveiller.

Le premier peuple à utiliser cette symbolique sont les Hittites qui contrôlaient la région de la Turquie actuelle entre 1600 et 1200 av JC.

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Vestiges hittites à Alaca Höyük, Turquie

Les Byzantins ont repris ce symbole, notamment les derniers Empereurs de la dynastie des Paléologues de 1261 à 1453.

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Insigne impérial dans la Bible personnelle de Demetrios Paléologue (1407-1470)

Il faut croire que la surveillance par l’aigle n’a pas été assez efficace puisque Byzance a été conquise par l’Empire Ottoman en 1453, marquant la fin de cette dynastie !

L’aigle à deux têtes a aussi été utilisé en Russie et en Serbie.

Il est utilisé depuis le XIIIème siècle par les Empereurs du Saint Empire Romain Germanique et est ainsi nommé le Reichsadler. Il a évolué à partir d’une forme d’aigle avec une seule tête (une mutation ?)

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Armoiries de Sigismond de Luxembourg, Empereur de 1433 à sa mort en 1437

De tout ceci découle que Charles de Habsbourg n’est surement pas le seul à avoir eu l’aigle à deux têtes comme animal-emblème. Peut-être qu’un jour, son aigle rencontrera un congénère…ou peut-être qu’un jour son aigle va le quitter !