La famille de Charles de Habsbourg

Charles de Habsbourg est un des personnages historiques les plus importants du XVIème siècle et il est logiquement l’un des principaux protagonistes de 1515-1519. On le rencontre brièvement dans la première partie du roman, et c’est dans la deuxième partie où on apprend à bien le connaître.

Jeune Charles Quint
Portrait de Charles de Habsbourg vers 1519 par Bernard van Orley 

Charles est né en 1500 à Gand. Son animal-emblème est un aigle à deux têtes, dont nous avons déjà parlé ici.

Grâce à ses parents, il cumule à la fois l’héritage espagnol et l’héritage bourguignon.

GenealogieCharles

Sa mère Jeanne est la fille de Ferdinand et d’Isabelle la Catholique dont le mariage en 1469 a permis de lier la Castille et l’Aragon et de fonder l’Espagne telle qu’on la connait encore aujourd’hui. L’année 1492 a été une année décisive : avec la prise de Grenade, la Reconquista est terminée et toute la péninsule redevient catholique et c’est l’année où Christophe Colomb découvre pour le compte de l’Espagne des îles (San Salvador, Cuba, Hispaniola) qui vont devenir des têtes de pont pour la conquête de l’Amérique.

IsabelleFerdinand
Ferdinand et Isabelle la Catholique dont le mariage en 1469 a permis de lier la Castille à l’Aragon. Ce sont les grands parents maternels de Charles.
JeanneLaFolle
Jeanne, alors qu’on la nommait Jeanne Iere de Castille et non pas  Jeanne la Folle (vers 1500, à l’époque de la naissance de son fils Charles)

Jeanne est mariée à Philippe Le Beau dont elle est éperdument amoureuse. Philippe est le fils de Maximilien de Habsbourg, l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique et de Marie de Bourgogne. Il meurt assez jeune en 1506, laissant Jeanne veuve et héritière officielle du Royaume de Castille. Cependant, Jeanne est considérée comme folle et enfermée dans un couvent près de Tordesillas. Nous verrons l’état où elle se trouve quelques années plus tard dans 1515-1519.

PhilippeLeBeau
Philippe Le Beau, le père de Charles. Notez le Bélier à la Toison d’Or porté en pendentif.

Marie de Bourgogne, la mère de Philippe et donc la grand-mère paternelle de Charles, est la fille unique du duc de Bourgogne Charles le Téméraire et donc elle apporte de larges et riches territoires (Bourgogne, Brabant, Luxembourg, Artois, Flandre, Hollande…).

Par sa seule existence, Charles fait donc converger sur sa (chétive) personne l’héritage des Habsbourgs (divers domaines dans le sud-ouest de l’Allemangne et le nord de la Suisse mais aussi et surtout les Duchés d’Autriche, de Styrie et de Carinthie dont ils se sont emparés au XIIIème siècle), l’héritage espagnol (Castille, Aragon, mais aussi Naples et la Sicile) et l’héritage bourguignon (que nous venons d’énumérer). Le Royaume de France se trouve donc encerclé de domaines qui risquent d’être unifiés par une même autorité.

Charles est le fils aîné de Jeanne et de Philippe, mais il n’est pas seul. Il a une soeur aînée, Eléonore, de 2 ans plus âgé que lui (remarquez la parfaite symétrie avec Marguerite et François Ier) et aussi trois autres soeurs plus jeunes, dont seule Marie sera évoquée dans la saga. Il a un frère cadet, Ferdinand, de 3 ans plus jeune que lui, surnommé Ferdinando car il est né et a été élevé en Espagne, contrairement à Charles qui n’y a jamais mis les pieds avant le début de 1515-1519. Les relations entre les deux frères seront un des thèmes majeurs de la saga, de même que les relations entre Charles et Eléonore.

Charles, Eléonore et Ferdinand auront des destins hors du commun, que ce soit dans le monde dit « réel » ou dans le monde de 1515-1519.

Tlemcen

Une partie du récit de 1515-1519 se passe en Afrique du Nord, à Oran et à Tlemcen. Oran est une ville portuaire à 400 km à l’ouest d’Alger et Tlemcen est à 140 km au sud-ouest d’Oran.

L’Algérie connait une période mouvementée lorsque s’ouvre notre histoire. En 1492, avec la chute de Grenade, les Espagnols achèvent la Reconquista, entrainant l’expulsion de la plupart des musulmans de la péninsule ibérique qui y étaient installés depuis sept siècles. Beaucoup de réfugiés s’installent en Algérie et y importent l’architecture des villes andalouses, ce qui est particulièrement visible encore aujourd’hui à Tlemcen.

Les côtes algériennes et tunisiennes sont alors contrôlées par les frères Barberousse qui vivent de la piraterie.

Barbarossa_Hayreddin_Pasha
L’un des frères Barberousse, Khayr ad-Dîn

Face à cette menace sur le commerce et notamment sur le transport des marchandises vers Naples et la Sicile (qui appartiennent à l’Espagne), les Espagnols décident de conquérir les côtes d’Afrique du Nord et ils prennent Oran et Tlemcen en 1509. Le Cardinal Cisneros (que nous rencontrerons dans 1515-1519) participe à cette conquête et n’hésite pas à raser les mosquées et à construire des églises à la place.

Cisneros
Le Cardinal Cisneros (salle capitulaire de la cathédrale de Tolède)

Tlemcen est cependant reprise assez rapidement par les Barberousses et lorsque commence notre récit seul Oran est tenu par les Espagnols. La reprise de Tlemcen est un enjeu essentiel : c’est une ville stratégique importante car elle est entourée de terres fertiles et contrôle tout l’arrière-pays. Et bien sûr, il faut reconquérir Alger qui est le principal bastion des pirates. De plus, les frères Barberousse ont prêté allégeance au Sultan de l’Empire Ottoman, le grand ennemi à l’est de la Méditerranée qui ainsi prend pied à l’ouest.

Tlemcen est cernée de remparts assez rudimentaires et réparées de nombreuses fois à la hâte mais la ville est couronnée par la citadelle El Mechouar aux murs élevés, construite du temps où les Berbères du Royaume Zianide contrôlaient la cité. Cette forteresse rectangulaire possède aux quatre coins des tours rondes surmontées de dômes aplatis. Une mosquée se trouve à l’intérieur et, lors de la prise initiale par les Espagnols, le minaret n’a échappé au zèle de Cisneros que parce que sa hauteur en faisait une tour défensive efficace.

CitadelleTlemcen
Le minaret de la citadelle de Tlemcen
Mechouar,Tlemcen.
Intérieur du Palais Mechouar à Tlemcen

La conquête de cette ville constitue donc un défi que des héros de notre histoire vont devoir relever. D’autant plus que dans le monde de 1515-1519 les Barberousses ont acquis chez le Sultan Ottoman des pouvoirs magiques assez terrifiants…

Bartolomeo d’Alviano

Bartolomeo d’Alviano est un condottiero au service de Venise, né en 1455. Un condottiero est un chef mercenaire italien, qui se bat pour le plus offrant. Avec l’émiettement de l’Italie en petits Etats, ils pouvaient facilement faire monter les enchères ! Ils pouvaient également être embauchés par des puissances étrangères.

BartolomeoD'Alviano
Portrait de Bartolomeo d’Alviano par Giovanni Bellini

Ainsi, c’est pour le compte du Roi d’Espagne Ferdinand que Bartolomeo d’Alviano s’est battu en 1503 contre les Français (et notamment contre le Chevalier Bayard) à la bataille du Garigliano. Grâce à cette victoire, le Royaume de Naples tombe dans les mains de l’Espagne.

En 1509, Bartolomeo combat pour les Vénitiens. Les troupes de la Sérénissime République perdent la bataille d’Agnadel contre une coalition comprenant la France de Louis XII, le Pape Jules II, l’Empereur Maximilien et le Roi d’Espagne Ferdinand (l’ancien employeur de Bartolomeo…). Le condottiero est blessé par une lance. Il est fait prisonnier puis libéré contre une rançon. Il prend sa revanche sur les Français à Ravenne en 1512 où il a vu combattre Ayne de Montmorency, le principal homme de confiance de François Ier. Nul doute que les deux hommes vont se rencontrer à nouveau…

L’Ange au Sourire

Dans le monde de 1515-1519, les Rois de France sont couronnés par l’Ange au Sourire dans la cathédrale Notre-Dame de Reims. Il apparait dans les rayons du soleil qui traversent les vitraux de la cathédrale et il apporte la couronne au futur Roi. Nous le rencontrons dès le premier chapitre : le 25 janvier 1515, il couronne François Ier.

L’Ange au Sourire existe bel et bien dans le monde dit « réel »… à l’état de statue. Elle se trouve sur le portail nord de la façade occidentale de la cathédrale. Elle a été sculptée vers 1240.

Ange_au_sourire

L’histoire de cette statue a été mouvementée. Lors du bombardement de Reims du 19 Septembre 1914, l’Ange est décapité. Sa tête se brise au sol après une chute de plus de 4 mètres. Les morceaux sont ramassés par un abbé et précieusement conservés dans les caves de l’Archevêché de la ville. A partir de ces fragments et des moulages d’origine, la statue est reconstituée et remise à sa place en 1926.

Lorsque le Chroniqueur de la Tour arrivera à l’année 1914, il ne fait pas de doute que l’Ange au Sourire se battra contre l’artillerie allemande…

L’Ange au Sourire ne sera pas le seul Ange qui vous rencontrerez dans le monde qui est le théâtre de la saga. C’est le seul qui est présent dans 1515-1519 mais dans les tomes suivants, il y en aura d’autres…

Le château d’Amboise

Amboise est une ville sur les bords de la Loire entre Blois et Tours. C’est une étape traditionnelle de pèlerinage vers Saint Martin de Tours puis vers Saint Jacques de Compostelle. Son château surplombe la Loire sur un promontoire rocheux et c’est une résidence royale. De nombreuses scènes s’y déroulent dans 1515-1519.
Charles VIII fait reconstruire le château médiéval existant à partir de 1492. Il aménage un fossé entre le donjon et le plateau au-dessus de la Loire et y installe un terrain de jeu de paume. Ce terrain est surmonté de trois galeries superposées à arcades où la Cour peut venir voir les joueurs. La passion du jeu de paume sera fatale au Roi : Charles VIII trouve la mort au château d’Amboise par hémorragie cérébrale en se heurtant au linteau d’une porte de la galerie Hacquelebac. Il était pressé d’aller jouer à son sport favori !
Son successeur Louis XII poursuit les travaux et il y ajoute une aile de style Renaissance. C’est dans ce château que François Ier passe son enfance avec ses amis Ayne de Montmorency et Marin de Montchenu.
Amboise
Comme il est raconté dans 1515-1519, c’est aussi dans ce château que François Ier prendra l’une des décisions les plus importantes de toute son existence…

Pour visiter ce qu’il reste du château d’Amboise, suivre ce site.

L’Ecole d’Athènes

L’Ecole d’Athènes est une fresque réalisée par Raphaël en 1509-1510 pour décorer l’une des salles du Vatican. Il le fait à la demande du Pape de l’époque, Jules II, le prédécesseur de Léon X qui est un des personnages principaux de 1515-1519.
Dans l’univers de 1515-1519, Raphaël est un elfe qui a sa propre religion et qui déteste tout particulièrement la religion catholique depuis qu’il s’est rendu compte qu’elle était basée sur un mensonge, lors de son séjour au Vatican.
Ecoled'Athenes
Il a peint cette oeuvre, connue pour son utilisation impressionante de la perspective, pour y placer des philosophes et des savants de l’Antiquité sous les traits de personnages contemporains, quelque fois controversés. Par exemple le peintre grec Protogène est représenté avec le visage du peintre italien Giovanno Antonio Bazzi surnommé Il Sodoma pour ses pratiques homosexuelles assumées.
Et surtout, il dénonce le mensonge sur lequel est basé la religion catholique : sur la partie centrale de ce tableau, là où tous les regards convergent, Platon montre le ciel de l’index de sa main droite : « Y a-t-il vraiment un Paradis ? » et Aristote lui répond juste à côté, la paume de la main droite tournée vers le sol : « Evidemment non. Tout ce qui existe est visible ici-bas. »
L’interprétation plus classique dans le monde « dit réel » de l’attitude de ces deux personnages est la suivante : Platon représente le monde immatériel des Idées, tandis qu’Aristote représente le monde matériel et sensible.
Platon est représenté sous les traits de Léonard de Vinci, pour une raison qui sera dévoilée dans 1515-1519 et que je ne « spoilerai » pas ici… Aristote est représenté sous les traits d’un inconnu mais dans le roman Léonard de Vinci (qui n’a jamais vu le tableau) dit à tort qu’il s’agit de Michel-Ange. En réalité, Michel-Ange a prêté plutôt ses traits à Héraclite qui se trouve au premier plan, un philosophe plutôt pessimiste qui correspond bien à l’humeur habituellement sombre de Michel-Ange. L’origine de l’erreur de Léonard de Vinci ne sera pas dévoilée dans 1515-1519 mais dans un des tomes suivants. Michel-Ange lui-même n’est qu’évoqué dans 1515-1519 mais il sera bien présent dans la suite, 1520-1522.

La Bande Noire

Dans l’univers de 1515-1519, la Bande Noire est un groupe de mercenaires elfique. Il est composé d’elfes renégats et bannis, qui ont tourné le dos aux habitudes de leur peuple et qui louent leurs services aux plus offrants. Leurs prouesses et leur agilité seront utiles à nos héros, et également aux dames de Lyon qui se souviendront longtemps de leur passage…

Dans le monde dit « réel », la Bande Noire est aussi un groupe de mercenaires, venant de Germanie. L’une des hypothèses quant à leur origine pourrait expliquer leur nom : ils seraient venus de la région de la Forêt Noire au sud-ouest de l’Allemagne, le long du Rhin. Selon d’autres hypothèses, ils proviendraient de Saxe et auraient été initialement recrutés pour faire la guerre aux Frisons en 1498, dans le territoire actuel des Pays-Bas. Quoiqu’il en soit, ils participent bien à la bataille de Marignan et ils sont 6000 d’après Martin du Bellay. Ils sont « aguerris depuis vingt ans. » d’après lui, ce qui correspond bien à l’hypothèse de la guerre contre les Frisons.

Il y a d’autres Bandes Noires mentionnées dans les textes de cette époque et il est possible que des membres de la première compagnie de mercenaires ait essaimé et fondé leur propre compagnie en conservant ce label prestigieux, surtout après Marignan.

Landsknecht
Figurine de Landsknecht, très réussie. Source : https://www.pinterest.fr/pin/541346817681888037/?autologin=true

Les Bandes Noires font partie d’un ensemble plus large : les Landsknechten ou mercenaires allemands. Knecht veut dire valet, ce qui signifie une servitude vis-à-vis de l’employeur qui les paye et Land signifie le pays ou plutôt ici la campagne, car beaucoup de recrutés provenaient de familles campagnardes et paysannes. Ils étaient réputés pour leur efficacité et leur brutalité, et aussi leurs vêtements hauts en couleurs.

Vous n’avez pas fini de les rencontrer dans l’univers du Chroniqueur de la Tour !