Un rhinocéros pour le Pape

Parmi le bestiaire (fourni) de 1515-1519, vous rencontrerez un rhinocéros qui sera sur un bateau en chemin du Portugal vers Rome. Et cette partie de l’histoire s’est déroulée de la même manière dans le monde du livre et dans le monde « dit réel ».

Ce rhinocéros a été capturé à l’ouest de l’Inde, dans l’Etat de Gujarat par le Sultan qui régnait à l’époque sur ces terres. Il l’offrit en cadeau aux Portugais qui colonisaient des territoires au sud de Gujarat, nommés Goa. Le Gouverneur de Goa décida d’envoyer l’animal au Portugal pour le montrer au Roi Manuel Ier. Le rhinocéros embarqua en Janvier 1515 sur un bateau par ailleurs chargé d’épices. Il arriva à Lisbonne en Mai. C’était la première fois depuis l’Empire Romain (donc depuis plus de 1000 ans) qu’un rhinocéros foulait le sol européen. L’animal suscita une énorme curiosité et toute l’Europe fut bientôt au courant. A Nuremberg, le grand peintre et graveur Albrecht Dürer (que nous rencontrons aussi dans 1515-1519) en fait une célèbre gravure sur bois, sans l’avoir jamais vu, en utilisant juste les descriptions et les croquis que les voyageurs en ont fait.

Dürer's_Rhinoceros,_1515

La gravure comporte d’ailleurs un certain nombre d’erreurs : il y a une pointe à la base de la nuque de l’animal qui n’existe pas chez un rhinocéros et qui ressemble à une petite dent de narval. La peau ressemble plus à une carapace articulée de Crustacé qu’à la peau d’un vrai rhinocéros. Les pattes ont des écailles comme un reptile. Dürer représente donc une chimère, interprétant le rhinocéros comme un animal fantastique (mais à l’époque la frontière entre le fantastique et le réel était très ténue en zoologie !).

Manuel Ier fit défiler le rhinocéros dans les rues de Lisbonne et organisa même un combat avec un jeune éléphant. L’éléphant, apeuré par les cris de la foule, courut se réfugier dans un enclos et le rhinocéros a été déclaré vainqueur par forfait.

Lorsque Manuel Ier se lassa du rhinocéros et que l’effervescence retomba à Lisbonne, le Roi du Portugal décida de l’offrir au Pape Léon X. On fit embarquer l’animal en Décembre 1515 sur le João de Pina. Le bateau contourna la péninsule ibérique et il fit escale au large de Marseille, sur l’île d’If (où il n’y avait pas encore de château pour la simple et bonne raison que François Ier n’avait pas encore décidé d’en construire un à cet endroit).

Et que s’est-il passé ensuite ? Il suffit de lire 1515-1519 pour le savoir…

Riche comme un Fugger

C’est une expression qui a cours depuis le XVIème siècle et effectivement la richesse de la famille Fugger avait de quoi être proverbiale : à son apogée, la famille possédait une richesse équivalente à 350 milliards d’euros actuels (compte tenu de l’inflation).

Dans « 1515-1519 » nous rencontrons dans la deuxième partie du récit Jacob Fugger, le plus riche de la famille.

JacobFugger
Portrait de Jacob Fugger peint par Albrecht Dürer, vers 1519 quand nous le rencontrons dans le récit

Né en 1459, il se forme à Venise où il apprend la comptabilité en partie double : débit/crédit. Cela parait extrêmement banal car c’est le principe de base de toute la comptabilité des entreprises actuelles, mais à l’époque c’était peu répandu. C’est Luca Pacioli, un moine franciscain et mathématicien à ses heures (de prière) perdues qui a popularisé cette méthode de comptabilité en 1494 en la formalisant, mais on l’utilisait déjà dans certaines banques lombardes depuis le XIIIème siècle.

Jacob Fugger reprend l’entreprise financière familiale à Augsbourg (ouest de la Bavière) à la mort de son père. L’entreprise fondée en 1367 a pour origine la fabrication textile mais se diversifiera progressivement avec la vente de toutes sortes de marchandise de luxe (dont des épices). Jacob la rend encore plus florissante en ouvrant des succursales dans les grandes villes du Saint Empire Romain Germanique, en utilisant ses connaissances acquises en Italie et son sens remarquable de l’organisation et du détail et aussi en étendant ses activités aux mines de cuivre et d’argent. Fugger finit par avoir le quasi-monopole de l’extraction du cuivre en Europe en association avec une famille hongroise, la famille Thurzo. La société Thurzo-Fugger est considérée par plusieurs historiens comme la première entreprise capitaliste d’Europe. Pour consolider cette alliance, Jacob Fugger n’hésitera pas à pousser sa nièce à se marier avec un Thurzo.

Pour communiquer entre elles, les succursales mettent en place un système de communication efficace avec leurs propres relais de chevaux que les Rois et les Empereurs n’hésiteront pas à utiliser pour acheminer leur courrier (avec paiement de ce service bien sûr).

Fugger octroie des prêts aux têtes couronnées pour qu’elles puissent lever des armées de mercenaires (dont les fameux Landsknechten dont nous avons déjà parlé). La toute première Garde Suisse Pontificale en 1506 pour le Pape Jules II a été payée grâce à Fugger. En remerciement, le Pape accordera à Fugger le droit de gérer une partie de l’argent issu des indulgences (les péchés sont pardonnés si on paye).

Jacob Fugger a utilisé une (très petite) partie de sa fortune pour faire construire la chapelle Sainte Anne d’Augsbourg en 1512. Elle est considérée comme le premier bâtiment avec une architecture de la Renaissance sur le territoire allemand. Jacob Fugger y est enterré (on n’est jamais si bien servi que par soi-même).

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Autel de la chapelle Sainte Anne à Augsbourg

Autre oeuvre sociale : le Fuggerei d’Augsbourg. Il s’agit de 52 maisons, qui étaient des sortes de HLM avant l’heure. Pour y habiter, il fallait payer une somme modique (l’équivalent d’un peu moins de 1 Euro par an) et prier trois fois par jour pour le salut de l’âme de Fugger. L’arrière grand-père de Mozart (qui était un maçon) a vécu dans une de ces maisons. Elles existent encore aujourd’hui et des habitants y vivent (je ne sais pas s’il faut toujours qu’ils fassent les 3 prières par jour…)

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Fuggerei d’Augsbourg

Dans 1515-1519, Jacob Fugger n’apparaît que dans un seul chapitre mais avec son pragmatisme cynique et son sens des affaires, il va durablement marquer l’avenir de certains de nos personnages.

La tarasque

La tarasque est un monstre que vont rencontrer nos héros à plusieurs reprises au cours du récit de 1515-1519.

C’est un animal à tête de lion mais avec des traits étonnamment humains, six courtes pattes prolongées par des griffes tranchantes comme des lames, une carapace de tortue et une queue écailleuse munie d’une extrémité en forme de pointe de flèche. Son sang est orange. Le mâle possède des pointes dorsales sur ses écailles sagittales.  La tarasque aime les endroits obscurs et peut rester tapie plusieurs semaines dans les eaux d’une rivière ou d’un fleuve.

Tarasque

Dans le monde « dit réel » la tarasque est un animal du folklore provençal. Elle est décrite dans La légende dorée de Jacques de Voragine (vers 1260). D’après la légende, Sainte Marthe a soumis la bête grâce à sa croix et à de l’eau bénite et la tarasque se laissa mener en laisse. La tarasque finit tout de même par être tuée par huit courageux jeunes gens qui fondèrent ensuite les villes de Tarascon et de Beaucaire.

Les fêtes de la tarasque à Tarascon font désormais partie du patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2005.  Ces festivités ont été créées par René d’Anjou, le Comte de Provence, en 1469. Elles se déroulaient alors sur deux jours, le second dimanche après la Pentecôte, et reprenaient ensuite le 29 juillet pour la fête de Marthe, patronne de Tarascon. On accusait, la tarasque de rompre de ses coups de queue les barrages qui empêchaient les eaux d’inonder la Camargue et ces fêtes étaient organisées pour lui faire peur et lui rappeler sa domination par Sainte Marthe.

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Fête de la tarasque à Tarascon avec une petite Sainte Marthe (une naine ou une jeune fille) qui traîne en laisse une tarasque (vieille carte postale colorisée datant des années 1930)

La Tarasque fait également partie du bestiaire de la procession des fêtes de Ciutat Vella (vieille ville) de Barcelone, depuis au moins le XVIème siècle.

Dans 1515-1519, la rencontre avec une tarasque va provoquer des conséquences dramatiques pour un personnage en particulier, au cours d’une scène spectaculaire.

Magnifique vidéo expliquant l’origine de la légende de la tarasque couplé avec la création d’une belle illustration.

Article pour en savoir plus.

L’épidémie dansante à Strasbourg

Il y a exactement 500 ans, en Juillet 1518, d’étranges phénomènes se sont déroulés à Strasbourg et dans ses environs qui appartenaient alors au Saint Empire Romain Germanique.

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Gravure de Henrik Hondius illustrant une épidémie dansante où des paysans essaient de contenir des malades

Une première femme, une certaine Frau Toffea, se mit à danser dans les rues de la ville et ne put s’arrêter pendant plusieurs jours. Une semaine plus tard, 34 autres personnes présentaient le même comportement et elles furent plus de 400 au total en un mois sur toute la région. Certains moururent d’épuisement. On parla d’épidémie dansante ou de peste dansante, un terme popularisé par un jeune médecin de l’époque, Paracelse (qui sera par ailleurs un des personnages du prochain tome de la saga, 1520-1522).

Les autorités médicales de l’époque avaient des connaissances limitées et en étaient à la théorie des 4 humeurs d’Hippocrate (il existe 4 humeurs ou liquides dans le corps dont les déséquilibres causent les maladies : sang, lymphe, bile noire, bile jaune en relation avec les quatre éléments : feu, eau, air, terre). Les médecins décrétèrent qu’il s’agissait d’un excès de sang chaud et firent des saignées (sans résultats, à part affaiblir les malades, ce qui a abouti sans doute à l’épuisement par anémie et à la mort de certains). Dans certains villages, les réactions furent très pragmatiques : on construisit des petites scènes et on accompagna les danseurs avec de la musique !

Ce n’est pas la première fois que de tels phénomènes se sont produits. Les chroniques du Moyen-Âge racontent épisodiquement ce genre de faits. Notamment un groupe d’enfants a sautillé et dansé de manière incontrôlable sur un parcours de 20 km dans la région d’Erfurt (Allemagne) en 1237, ce qui rappelle étrangement l’histoire du joueur de flûte de Hamelin où des enfants suivent ce joueur hors de la ville et disparaissent.

A l’heure actuelle, les causes de ces comportements ne sont pas entièrement comprises mais l’hypothèse la plus probable implique un champignon parasite du seigle qui est l’ergot et qui peut se trouver au niveau des épis.

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Epi de seigle parasité par un ergot (masse sombre en forme de langue)

Il contient un alcaloïde, l’ergotamine, très proche du LSD, une molécule hallucinogène (pour vous donner une idée réécoutez Lucy in the Sky with Diamonds (LSD) des Beatles).

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Un petit air de famille entre la « partie gauche » de l’ergotamine et le LSD

L’intoxication est aussi connue sous le nom de « mal des ardents » ou « Feu de Saint-Antoine ». Outre les hallucinations, l’ergotamine cause des convulsions et des spasmes qui peuvent donner l’impression que les malades dansent.

Evidemment, à l’époque, tout cela était inconnu. Deux des personnages de 1515-1519 vont évoquer les étranges faits à Strasbourg et vous verrez qu’ils auront une interprétation toute personnelle des événements…

Guillaume de Montmorency

Ayne de Montmorency est l’un des principaux personnages de 1515-1519. Son prénom dans le monde dit « réel » est Anne qui à l’époque était un prénom à la fois pour les hommes et pour les femmes.

Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur son père, Guillaume, que nous rencontrons dans la deuxième partie du livre. C’est le Baron de Montmorency et le Seigneur de Chantilly. Montmorency se trouve dans le Val d’Oise, à 13 km au nord de Paris. Chantilly est encore un peu plus au nord. Il ne reste actuellement rien du château de Montmorency où nous rencontrons le Baron dans 1515-1519. En 1708, il ne restait déjà plus que le donjon, qui a été détruit à son tour à la Révolution Française.

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Donjon au milieu des ruines du château de Montmorency en 1708

Guillaume de Montmorency est né en 1463. Ce n’est pas le fils aîné mais son père déshérite ses deux premiers fils à la suite de disputes et c’est Guillaume qui hérite de ses titres. Les fils déshérités (et leurs descendants) tenteront en vain de récupérer ces titres par de longues procédures judiciaires, mais aucune n’aboutira.

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Portrait de Guillaume de Montmorency, vers 1520 (anonyme)

Guillaume devient le chambellan du Roi de France Charles VIII (celui qui meurt en heurtant le linteau à Amboise), puis le Superintendant des Eaux et Forêts de son successeur Louis XII (poste stratégique car qui dit « forêts », dit « chasse », activité prisée par les Rois). Il est également nommé Gouverneur du Château de Saint-Germain-en-Laye. Il participe glorieusement à la campagne d’Italie de 1499-1500. En 1503, il devient Gouverneur de la Bastille Saint-Antoine (la « Bastille »), qui, à l’époque, était un fort défensif de la porte orientale de la capitale et n’était utilisé qu’occasionnellement comme prison. Guillaume fait reconstruire la chapelle du château de Chantilly et obtient en 1515, par une bulle pontificale de Léon X, le droit d’y faire célébrer la messe et tous les autres sacrements.

BlasonMontmorency
Blason des Montmorency formé « d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ordonnés 2 et 2 »

Ayne de Montmorency a donc un père à la carrière prestigieuse et un des ses ancêtres, Mathieu II de Montmorency, a été Grand Connétable de France, et s’était particulièrement illustré par de hauts faits d’armes à la bataille de Bouvines (27 juillet 1214, opposant Philippe Auguste au Saint Empire Romain Germanique allié à l’Angleterre). Mathieu II de Montmorency avait notamment enlevé douze étendards impériaux et depuis, le blason des Montmorency n’a plus seulement 4 alérions, comme initialement, mais 16 (= 4 + 12) !

On comprend donc la volonté et l’impatience d’Ayne à accéder à des postes prestigieux pour faire honneur à sa noble lignée.

Les Taïnos

C’est le peuple qui occupait l’île de Cuba lors de l’arrivée des Espagnols et que nous rencontrons (pas au meilleur de sa forme) dès le prologue de 1515-1519. Les Taïnos peuplaient aussi l’île d’Hispaniola qui fut découverte par Christophe Colomb en 1492, et également Puerto Rico, la Jamaïque et Trinidad. Hispaniola était appelée par les Taïnos Ayiti (« le pays des hautes montagnes ») ce qui a donné Haïti.

Ils vivaient dans des villages dans les clairières des forêts. Toutes leurs maisons (appelées bohio) étaient rondes, sauf celle du chef du village, le cacique, dont la maison était rectangulaire (et appelée caney).

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Reconstitution d’un village taïnos à Cuba

Les Taïnos dormaient dans des hamacs faits de coton. D’ailleurs, le mot hamac est d’origine taïnos, tout comme goyave, ananas et papaye et aussi barbecue.  Ils jouaient avec des balles en caoutchouc (matière inconnue alors en Europe et que les Espagnols ont découvert à leur arrivée). Ils ornaient leurs oreilles et leurs lèvres des bijoux en or ou en argent. Les hommes étaient habillés d’un simple cache-sexe, les femmes mariées d’un pagne de coton et de feuilles. Les femmes non mariées étaient complètement nues. Seuls les caciques pouvaient pratiquer la polygamie.

Leur religion était centrée sur le combat entre deux Dieux : Yukiyu (le Dieu du Bien) et Juracan (le Dieu du Mal). Dans le monde de 1515-1519, chaque Taïno possède un zémi, une petite idole faite de tissu de coton avec des coquillages et des pierres accrochés dessus. Les zémis doivent toujours refléter le monde, comme le dicte la religion des Taïnos, c’est-à-dire que les principaux événements dans la vie d’une personne doivent induire des modifications de la présentation de son idole, sinon il peut plonger dans le Royaume des Ombres et devenir mauvais. Dans le monde dit « réel », les zémis représentaient plutôt les esprits des ancêtres. Ils étaient représentés sous forme de grandes sculptures en bois ou alors sous forme d’amulettes.

Pour finir, voici des mots croisés à remplir avec uniquement des mots d’origine taïnos qui sont d’abord passés en espagnol puis ensuite au français.

MotsCroisésTainosComplet

 

La famille de Charles de Habsbourg

Charles de Habsbourg est un des personnages historiques les plus importants du XVIème siècle et il est logiquement l’un des principaux protagonistes de 1515-1519. On le rencontre brièvement dans la première partie du roman, et c’est dans la deuxième partie où on apprend à bien le connaître.

Jeune Charles Quint
Portrait de Charles de Habsbourg vers 1519 par Bernard van Orley 

Charles est né en 1500 à Gand. Son animal-emblème est un aigle à deux têtes, dont nous avons déjà parlé ici.

Grâce à ses parents, il cumule à la fois l’héritage espagnol et l’héritage bourguignon.

GenealogieCharles

Sa mère Jeanne est la fille de Ferdinand et d’Isabelle la Catholique dont le mariage en 1469 a permis de lier la Castille et l’Aragon et de fonder l’Espagne telle qu’on la connait encore aujourd’hui. L’année 1492 a été une année décisive : avec la prise de Grenade, la Reconquista est terminée et toute la péninsule redevient catholique et c’est l’année où Christophe Colomb découvre pour le compte de l’Espagne des îles (San Salvador, Cuba, Hispaniola) qui vont devenir des têtes de pont pour la conquête de l’Amérique.

IsabelleFerdinand
Ferdinand et Isabelle la Catholique dont le mariage en 1469 a permis de lier la Castille à l’Aragon. Ce sont les grands parents maternels de Charles.
JeanneLaFolle
Jeanne, alors qu’on la nommait Jeanne Iere de Castille et non pas  Jeanne la Folle (vers 1500, à l’époque de la naissance de son fils Charles)

Jeanne est mariée à Philippe Le Beau dont elle est éperdument amoureuse. Philippe est le fils de Maximilien de Habsbourg, l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique et de Marie de Bourgogne. Il meurt assez jeune en 1506, laissant Jeanne veuve et héritière officielle du Royaume de Castille. Cependant, Jeanne est considérée comme folle et enfermée dans un couvent près de Tordesillas. Nous verrons l’état où elle se trouve quelques années plus tard dans 1515-1519.

PhilippeLeBeau
Philippe Le Beau, le père de Charles. Notez le Bélier à la Toison d’Or porté en pendentif.

Marie de Bourgogne, la mère de Philippe et donc la grand-mère paternelle de Charles, est la fille unique du duc de Bourgogne Charles le Téméraire et donc elle apporte de larges et riches territoires (Bourgogne, Brabant, Luxembourg, Artois, Flandre, Hollande…).

Par sa seule existence, Charles fait donc converger sur sa (chétive) personne l’héritage des Habsbourgs (divers domaines dans le sud-ouest de l’Allemangne et le nord de la Suisse mais aussi et surtout les Duchés d’Autriche, de Styrie et de Carinthie dont ils se sont emparés au XIIIème siècle), l’héritage espagnol (Castille, Aragon, mais aussi Naples et la Sicile) et l’héritage bourguignon (que nous venons d’énumérer). Le Royaume de France se trouve donc encerclé de domaines qui risquent d’être unifiés par une même autorité.

Charles est le fils aîné de Jeanne et de Philippe, mais il n’est pas seul. Il a une soeur aînée, Eléonore, de 2 ans plus âgé que lui (remarquez la parfaite symétrie avec Marguerite et François Ier) et aussi trois autres soeurs plus jeunes, dont seule Marie sera évoquée dans la saga. Il a un frère cadet, Ferdinand, de 3 ans plus jeune que lui, surnommé Ferdinando car il est né et a été élevé en Espagne, contrairement à Charles qui n’y a jamais mis les pieds avant le début de 1515-1519. Les relations entre les deux frères seront un des thèmes majeurs de la saga, de même que les relations entre Charles et Eléonore.

Charles, Eléonore et Ferdinand auront des destins hors du commun, que ce soit dans le monde dit « réel » ou dans le monde de 1515-1519.