La France en 1515

Faisons un état des lieux de la France au moment où commence la saga du Chroniqueur de la Tour.

Le Royaume de France fait 450.000 km2 (au lieu de 550.000 km2 actuellement). Sur la carte ci-dessous, on voit très bien que c’est à l’est que les principales différences avec notre époque sont observées.

Source :  M. Péronnnet, Le XVIe siècle, 1492-1620, Paris, Hachette supérieur, 1995, p.325

Ne sont pas Français : l’Artois (Arras) au Nord, la Lorraine (Nancy), l’Alsace (Strasbourg), la Franche-Comté (Besançon) à l’Est, ou encore la Savoie et Nice, au Sud-Est. Également, l’absence de la Corse n’est pas un oubli. L’île de Beauté appartient alors à Gênes. Ainsi, Lyon et Dijon sont quasiment des villes frontières.

A l’ouest, la Bretagne est dans une situation intermédiaire. François Ier est marié avec Claude de France, la fille d’Anne de Bretagne (nous avons discuté de sa vie mouvementée ici). Formellement, le Duché de Bretagne est indépendant mais dans les faits elle est sous la forte influence de la France. Au sud-ouest, le Royaume de Navarre est indépendant mais très affaibli. Il est réduit à la Basse Navarre depuis que le Roi d’Espagne Ferdinand à reconquis la Haute-Navarre (autour de Pampelune) quelques années plus tôt.

Notons aussi le Comtat Venaissin, autour d’Avignon qui appartient au Pape et la Principauté d’Orange qui appartient à une famille noble des Pays-Bas (qui va jouer un rôle très important plus tard à la fin du XVIème et au XVIIème siècle dans l’indépendance des Pays-Bas).

Le domaine directement contrôlé par le Roi est en vert sur la carte. Il s’est formé au fil des siècles par le jeu des achats, des conquêtes, des confiscations et des mariages. Le domaine royal est désormais officiellement déclaré « inaliénable » depuis le XVème siècle : le Roi lui même n’a plus le pouvoir de partager ce patrimoine entre plusieurs héritiers. Il peut simplement leur en confier quelques parcelles, en « apanage », ce qui leur donne un titre et des revenus ; mais ces apanages demeurent des propriétés du Roi.

On ne peut manquer la région au centre en gris qui correspond au territoire de Charles de Bourbon, un descendant de Saint-Louis et le dernier grand vassal du Roi de France. Cette situation va aboutir à des tensions comme vous allez le constater rapidement dans la saga.

Charles de Bourbon sur un tableau de Bernard Gaillot (XIXème siècle). Celui a qui la couronne de France a failli arriver sur la tête. Dernier grand vassal du Roi de France. Forcément une source de tension !

La France a un peu plus de 16 millions d’habitants en 1515. C’est le pays le plus peuplé de la Chrétienté et Paris est de loin la ville la plus peuplée d’Europe. C’est une période de croissance démographique. Il n’y a pas de grandes épidémies, ni de grandes famines (ce ne sera malheureusement plus le cas dans la deuxième moitié du XVIème siècle).

C’est donc un puissant pays, plutôt très bien administré par Louis XII dont François Ier hérite. Va-t-il savoir conserver cet héritage ? Tel est l’un des enjeux de la saga du Chroniqueur de la Tour.

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