La salamandre de François Ier

Dans le monde de « 1515-1519 » les animaux-emblèmes sont confiés à certains Rois (pas à tous…) par les fantômes de leurs prédécesseurs. Ils leur servent d’animal de compagnie mais aussi pour surveiller ou comme guerrier d’élite lors des combats. Nous avons déjà évoqué l’aigle à deux têtes de Charles de Habsbourg. Voici le moment d’évoquer la salamandre géante qui crache des flammes de François Ier.

Elle ressemble à un lézard géant avec une tête très aplatie et avec une longue queue effilée. Sa peau est chaude, douce et luisante avec des couleurs irisées. Elle est invisible aux yeux du commun des mortels (la Reine Claude a manqué plus d’une fois de lui marcher sur la queue). Elle a l’habitude de se prélasser au coin du feu, voire dans le feu. Lors qu’un ensemble de bûches s’écroule dans les grandes cheminées des châteaux où réside François Ier, ce n’est pas toujours dû aux effets de la combustion !

Nous retrouvons des traces de l’animal partout sur les murs du château de Blois et au château de Chambord (plus de 300 représentations dans ce dernier : François Ier était très attaché à son animal-emblème !).

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Salamandre royale entourée d’angelots au château de Blois. C’est à partir de cette photo qu’a été réalisée la couverture du livre.

On trouve une devise associée à la salamandre : « Nutrisco et extinguo » : je nourris (le bon feu) et j’éteins (le mauvais).

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Salamandre royale avec sa devise au château d’Azay-le-Rideau

Très logiquement, on trouve aussi la salamandre sur le blason de la ville du Havre que François Ier a fondée en 1517.

Le Havre

La salamandre est un animal classique du bestiaire médiéval. On la disait « maitresse des éléments » car elle peut vivre autant sur terre que dans l’eau (c’est un Amphibien) et aussi résister aux flammes. Cette dernière croyance a pour origine le fait que les salamandres hibernent souvent accrochées à des souches d’arbres. Lorsqu’on prenait ces souches en hiver pour les mettre à brûler on pouvait voir la salamandre s’échapper des flammes, toujours vivante, car protégée par sa peau humide pendant le temps nécessaire pour se réveiller et s’enfuir ! Dans l’Antiquité, Pline l’Ancien (autour de 50 ap JC) la mentionnait déjà dans son Histoire Naturelle en relation avec le feu : « la salamandre est si froide qu’elle éteint le feu lorsqu’elle le touche ».

Pour François Ier, la salamandre et sa devise symbolisaient sans doute que la foi chrétienne (le bon feu) pouvait éteindre les flammes de l’Enfer (le mauvais feu).

Quant à la taille de l’animal, si elle vous parait exagérée dans le monde de « 1515-1519 » sachez qu’il existe des salamandres géantes en Chine qui peuvent mesurer jusqu’à 1,80 m de long !

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Le Castel Sant’Angelo

Il s’agit d’une forteresse qui se dresse sur les bords du Tibre à Rome. Dans l’univers de 1515-1519, du Castel part un souterrain sous le fleuve où sont stockés les morts-vivants de l’armée papale, la fraîcheur des lieux limitant leur décomposition.

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Le Castel Sant’Angelo vu depuis l’autre côté du Tibre

Ce qui est devenu une forteresse à disposition du Pape était à l’origine un mausolée, celui de l’Empereur Hadrien. Il est achevé en 139 et ses cendres y sont déposées. Les cendres de ses successeurs y trouveront également place jusqu’en 217. Les temps devenant incertains pour Rome, l’édifice perd sa fonction funéraire pour acquérir sa fonction militaire. Il est intégré à la muraille aurélienne en 403. Lors d’une attaque des Goths, les défenseurs de Rome vont utiliser les statues de bronze qui ornent le Castel comme projectile !

Et pourquoi s’appelle-t-il Sant’Angelo (Saint-Ange) ? En 590, Rome est ravagée par la peste. Le Pape de l’époque, Grégoire Ier, a une vision : l’Archange Michel lui apparaît au sommet du Castel et cela correspond au début de la fin de l’épidémie !

Le Castel est situé un peu à l’écart du Palais Apostolique. C’est pourquoi le Pape Nicolas III fait bâtir en 1277 un couloir long de 800 mètres, suspendu sur des piliers, joignant le Palais et le Castel: le Passetto di Borgo.

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Passetto di Borgo aujourd’hui. Le couloir se trouve sous les créneaux, à l’endroit où on voit les meurtrières dans le mur.

A la Renaissance, le Pape Borgia, Alexandre VI l’utilisera pour s’échapper du Palais apostolique et se réfugier dans le Castel lors de l’arrivée des troupes françaises menées par Charles VIII en 1494. C’est que la vie d’un Pape n’était guère tranquille à cette époque !

Le Castel Sant’Angelo est donc à l’origine un mausolée. Donc pas étonnant que dans 1515-1519, le Pape y ait installé ses morts-vivants. On raconte aussi que les couloirs du Castel sont hantés par le fantôme de l’Empereur Hadrien, mais chut… c’est une histoire qui sera contée une autre fois.

 

Un rhinocéros pour le Pape

Parmi le bestiaire (fourni) de 1515-1519, vous rencontrerez un rhinocéros qui sera sur un bateau en chemin du Portugal vers Rome. Et cette partie de l’histoire s’est déroulée de la même manière dans le monde du livre et dans le monde « dit réel ».

Ce rhinocéros a été capturé à l’ouest de l’Inde, dans l’Etat de Gujarat par le Sultan qui régnait à l’époque sur ces terres. Il l’offrit en cadeau aux Portugais qui colonisaient des territoires au sud de Gujarat, nommés Goa. Le Gouverneur de Goa décida d’envoyer l’animal au Portugal pour le montrer au Roi Manuel Ier. Le rhinocéros embarqua en Janvier 1515 sur un bateau par ailleurs chargé d’épices. Il arriva à Lisbonne en Mai. C’était la première fois depuis l’Empire Romain (donc depuis plus de 1000 ans) qu’un rhinocéros foulait le sol européen. L’animal suscita une énorme curiosité et toute l’Europe fut bientôt au courant. A Nuremberg, le grand peintre et graveur Albrecht Dürer (que nous rencontrons aussi dans 1515-1519) en fait une célèbre gravure sur bois, sans l’avoir jamais vu, en utilisant juste les descriptions et les croquis que les voyageurs en ont fait.

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La gravure comporte d’ailleurs un certain nombre d’erreurs : il y a une pointe à la base de la nuque de l’animal qui n’existe pas chez un rhinocéros et qui ressemble à une petite dent de narval. La peau ressemble plus à une carapace articulée de Crustacé qu’à la peau d’un vrai rhinocéros. Les pattes ont des écailles comme un reptile. Dürer représente donc une chimère, interprétant le rhinocéros comme un animal fantastique (mais à l’époque la frontière entre le fantastique et le réel était très ténue en zoologie !).

Manuel Ier fit défiler le rhinocéros dans les rues de Lisbonne et organisa même un combat avec un jeune éléphant. L’éléphant, apeuré par les cris de la foule, courut se réfugier dans un enclos et le rhinocéros a été déclaré vainqueur par forfait.

Lorsque Manuel Ier se lassa du rhinocéros et que l’effervescence retomba à Lisbonne, le Roi du Portugal décida de l’offrir au Pape Léon X. On fit embarquer l’animal en Décembre 1515 sur le João de Pina. Le bateau contourna la péninsule ibérique et il fit escale au large de Marseille, sur l’île d’If (où il n’y avait pas encore de château pour la simple et bonne raison que François Ier n’avait pas encore décidé d’en construire un à cet endroit).

Et que s’est-il passé ensuite ? Il suffit de lire 1515-1519 pour le savoir…

Riche comme un Fugger

C’est une expression qui a cours depuis le XVIème siècle et effectivement la richesse de la famille Fugger avait de quoi être proverbiale : à son apogée, la famille possédait une richesse équivalente à 350 milliards d’euros actuels (compte tenu de l’inflation).

Dans « 1515-1519 » nous rencontrons dans la deuxième partie du récit Jacob Fugger, le plus riche de la famille.

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Portrait de Jacob Fugger peint par Albrecht Dürer, vers 1519 quand nous le rencontrons dans le récit

Né en 1459, il se forme à Venise où il apprend la comptabilité en partie double : débit/crédit. Cela parait extrêmement banal car c’est le principe de base de toute la comptabilité des entreprises actuelles, mais à l’époque c’était peu répandu. C’est Luca Pacioli, un moine franciscain et mathématicien à ses heures (de prière) perdues qui a popularisé cette méthode de comptabilité en 1494 en la formalisant, mais on l’utilisait déjà dans certaines banques lombardes depuis le XIIIème siècle.

Jacob Fugger reprend l’entreprise financière familiale à Augsbourg (ouest de la Bavière) à la mort de son père. L’entreprise fondée en 1367 a pour origine la fabrication textile mais se diversifiera progressivement avec la vente de toutes sortes de marchandise de luxe (dont des épices). Jacob la rend encore plus florissante en ouvrant des succursales dans les grandes villes du Saint Empire Romain Germanique, en utilisant ses connaissances acquises en Italie et son sens remarquable de l’organisation et du détail et aussi en étendant ses activités aux mines de cuivre et d’argent. Fugger finit par avoir le quasi-monopole de l’extraction du cuivre en Europe en association avec une famille hongroise, la famille Thurzo. La société Thurzo-Fugger est considérée par plusieurs historiens comme la première entreprise capitaliste d’Europe. Pour consolider cette alliance, Jacob Fugger n’hésitera pas à pousser sa nièce à se marier avec un Thurzo.

Pour communiquer entre elles, les succursales mettent en place un système de communication efficace avec leurs propres relais de chevaux que les Rois et les Empereurs n’hésiteront pas à utiliser pour acheminer leur courrier (avec paiement de ce service bien sûr).

Fugger octroie des prêts aux têtes couronnées pour qu’elles puissent lever des armées de mercenaires (dont les fameux Landsknechten dont nous avons déjà parlé). La toute première Garde Suisse Pontificale en 1506 pour le Pape Jules II a été payée grâce à Fugger. En remerciement, le Pape accordera à Fugger le droit de gérer une partie de l’argent issu des indulgences (les péchés sont pardonnés si on paye).

Jacob Fugger a utilisé une (très petite) partie de sa fortune pour faire construire la chapelle Sainte Anne d’Augsbourg en 1512. Elle est considérée comme le premier bâtiment avec une architecture de la Renaissance sur le territoire allemand. Jacob Fugger y est enterré (on n’est jamais si bien servi que par soi-même).

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Autel de la chapelle Sainte Anne à Augsbourg

Autre oeuvre sociale : le Fuggerei d’Augsbourg. Il s’agit de 52 maisons, qui étaient des sortes de HLM avant l’heure. Pour y habiter, il fallait payer une somme modique (l’équivalent d’un peu moins de 1 Euro par an) et prier trois fois par jour pour le salut de l’âme de Fugger. L’arrière grand-père de Mozart (qui était un maçon) a vécu dans une de ces maisons. Elles existent encore aujourd’hui et des habitants y vivent (je ne sais pas s’il faut toujours qu’ils fassent les 3 prières par jour…)

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Fuggerei d’Augsbourg

Dans 1515-1519, Jacob Fugger n’apparaît que dans un seul chapitre mais avec son pragmatisme cynique et son sens des affaires, il va durablement marquer l’avenir de certains de nos personnages.

La tarasque

La tarasque est un monstre que vont rencontrer nos héros à plusieurs reprises au cours du récit de 1515-1519.

C’est un animal à tête de lion mais avec des traits étonnamment humains, six courtes pattes prolongées par des griffes tranchantes comme des lames, une carapace de tortue et une queue écailleuse munie d’une extrémité en forme de pointe de flèche. Son sang est orange. Le mâle possède des pointes dorsales sur ses écailles sagittales.  La tarasque aime les endroits obscurs et peut rester tapie plusieurs semaines dans les eaux d’une rivière ou d’un fleuve.

Tarasque

Dans le monde « dit réel » la tarasque est un animal du folklore provençal. Elle est décrite dans La légende dorée de Jacques de Voragine (vers 1260). D’après la légende, Sainte Marthe a soumis la bête grâce à sa croix et à de l’eau bénite et la tarasque se laissa mener en laisse. La tarasque finit tout de même par être tuée par huit courageux jeunes gens qui fondèrent ensuite les villes de Tarascon et de Beaucaire.

Les fêtes de la tarasque à Tarascon font désormais partie du patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO depuis 2005.  Ces festivités ont été créées par René d’Anjou, le Comte de Provence, en 1469. Elles se déroulaient alors sur deux jours, le second dimanche après la Pentecôte, et reprenaient ensuite le 29 juillet pour la fête de Marthe, patronne de Tarascon. On accusait, la tarasque de rompre de ses coups de queue les barrages qui empêchaient les eaux d’inonder la Camargue et ces fêtes étaient organisées pour lui faire peur et lui rappeler sa domination par Sainte Marthe.

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Fête de la tarasque à Tarascon avec une petite Sainte Marthe (une naine ou une jeune fille) qui traîne en laisse une tarasque (vieille carte postale colorisée datant des années 1930)

La Tarasque fait également partie du bestiaire de la procession des fêtes de Ciutat Vella (vieille ville) de Barcelone, depuis au moins le XVIème siècle.

Dans 1515-1519, la rencontre avec une tarasque va provoquer des conséquences dramatiques pour un personnage en particulier, au cours d’une scène spectaculaire.

Magnifique vidéo expliquant l’origine de la légende de la tarasque couplé avec la création d’une belle illustration.

Article pour en savoir plus.

L’épidémie dansante à Strasbourg

Il y a exactement 500 ans, en Juillet 1518, d’étranges phénomènes se sont déroulés à Strasbourg et dans ses environs qui appartenaient alors au Saint Empire Romain Germanique.

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Gravure de Henrik Hondius illustrant une épidémie dansante où des paysans essaient de contenir des malades

Une première femme, une certaine Frau Toffea, se mit à danser dans les rues de la ville et ne put s’arrêter pendant plusieurs jours. Une semaine plus tard, 34 autres personnes présentaient le même comportement et elles furent plus de 400 au total en un mois sur toute la région. Certains moururent d’épuisement. On parla d’épidémie dansante ou de peste dansante, un terme popularisé par un jeune médecin de l’époque, Paracelse (qui sera par ailleurs un des personnages du prochain tome de la saga, 1520-1522).

Les autorités médicales de l’époque avaient des connaissances limitées et en étaient à la théorie des 4 humeurs d’Hippocrate (il existe 4 humeurs ou liquides dans le corps dont les déséquilibres causent les maladies : sang, lymphe, bile noire, bile jaune en relation avec les quatre éléments : feu, eau, air, terre). Les médecins décrétèrent qu’il s’agissait d’un excès de sang chaud et firent des saignées (sans résultats, à part affaiblir les malades, ce qui a abouti sans doute à l’épuisement par anémie et à la mort de certains). Dans certains villages, les réactions furent très pragmatiques : on construisit des petites scènes et on accompagna les danseurs avec de la musique !

Ce n’est pas la première fois que de tels phénomènes se sont produits. Les chroniques du Moyen-Âge racontent épisodiquement ce genre de faits. Notamment un groupe d’enfants a sautillé et dansé de manière incontrôlable sur un parcours de 20 km dans la région d’Erfurt (Allemagne) en 1237, ce qui rappelle étrangement l’histoire du joueur de flûte de Hamelin où des enfants suivent ce joueur hors de la ville et disparaissent.

A l’heure actuelle, les causes de ces comportements ne sont pas entièrement comprises mais l’hypothèse la plus probable implique un champignon parasite du seigle qui est l’ergot et qui peut se trouver au niveau des épis.

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Epi de seigle parasité par un ergot (masse sombre en forme de langue)

Il contient un alcaloïde, l’ergotamine, très proche du LSD, une molécule hallucinogène (pour vous donner une idée réécoutez Lucy in the Sky with Diamonds (LSD) des Beatles).

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Un petit air de famille entre la « partie gauche » de l’ergotamine et le LSD

L’intoxication est aussi connue sous le nom de « mal des ardents » ou « Feu de Saint-Antoine ». Outre les hallucinations, l’ergotamine cause des convulsions et des spasmes qui peuvent donner l’impression que les malades dansent.

Evidemment, à l’époque, tout cela était inconnu. Deux des personnages de 1515-1519 vont évoquer les étranges faits à Strasbourg et vous verrez qu’ils auront une interprétation toute personnelle des événements…

Guillaume de Montmorency

Ayne de Montmorency est l’un des principaux personnages de 1515-1519. Son prénom dans le monde dit « réel » est Anne qui à l’époque était un prénom à la fois pour les hommes et pour les femmes.

Aujourd’hui, nous allons nous attarder sur son père, Guillaume, que nous rencontrons dans la deuxième partie du livre. C’est le Baron de Montmorency et le Seigneur de Chantilly. Montmorency se trouve dans le Val d’Oise, à 13 km au nord de Paris. Chantilly est encore un peu plus au nord. Il ne reste actuellement rien du château de Montmorency où nous rencontrons le Baron dans 1515-1519. En 1708, il ne restait déjà plus que le donjon, qui a été détruit à son tour à la Révolution Française.

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Donjon au milieu des ruines du château de Montmorency en 1708

Guillaume de Montmorency est né en 1463. Ce n’est pas le fils aîné mais son père déshérite ses deux premiers fils à la suite de disputes et c’est Guillaume qui hérite de ses titres. Les fils déshérités (et leurs descendants) tenteront en vain de récupérer ces titres par de longues procédures judiciaires, mais aucune n’aboutira.

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Portrait de Guillaume de Montmorency, vers 1520 (anonyme)

Guillaume devient le chambellan du Roi de France Charles VIII (celui qui meurt en heurtant le linteau à Amboise), puis le Superintendant des Eaux et Forêts de son successeur Louis XII (poste stratégique car qui dit « forêts », dit « chasse », activité prisée par les Rois). Il est également nommé Gouverneur du Château de Saint-Germain-en-Laye. Il participe glorieusement à la campagne d’Italie de 1499-1500. En 1503, il devient Gouverneur de la Bastille Saint-Antoine (la « Bastille »), qui, à l’époque, était un fort défensif de la porte orientale de la capitale et n’était utilisé qu’occasionnellement comme prison. Guillaume fait reconstruire la chapelle du château de Chantilly et obtient en 1515, par une bulle pontificale de Léon X, le droit d’y faire célébrer la messe et tous les autres sacrements.

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Blason des Montmorency formé « d’or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d’azur ordonnés 2 et 2 »

Ayne de Montmorency a donc un père à la carrière prestigieuse et un des ses ancêtres, Mathieu II de Montmorency, a été Grand Connétable de France, et s’était particulièrement illustré par de hauts faits d’armes à la bataille de Bouvines (27 juillet 1214, opposant Philippe Auguste au Saint Empire Romain Germanique allié à l’Angleterre). Mathieu II de Montmorency avait notamment enlevé douze étendards impériaux et depuis, le blason des Montmorency n’a plus seulement 4 alérions, comme initialement, mais 16 (= 4 + 12) !

On comprend donc la volonté et l’impatience d’Ayne à accéder à des postes prestigieux pour faire honneur à sa noble lignée.